INONDATIONS : des catastrophes pas si naturelles...

Publié le par les perdigones

      Sommes-nous prêts à prendre les mesures fortes pour réduire les conséquences des inondations ? De nombreuses études ou cas d'espèce montrent que nous n'avons pas tiré les enseignements pour un autre type d'aménagement.
     
         3 octobre 1988, les inondations de Nîmes font 11 morts et des millions de dégâts. 3 octobre 2015 la région cannoise, Antibes et le département du Var, limitrophe, sont frappés. 21 morts. Plus de 600 millions de dégâts.
         Entre ces deux évènements les catastrophes se sont multipliées et l'aménagement du territoire n'a pas varié. Une catastrophe "naturelle", c'est la rencontre d'un évènement naturel violent et d'un territoire prédisposé. Pour en réduire les effets, il est indispensable d'agir sur les territoires et les comportements. On a suffisamment de données pour passer à la phase d'après : celle de la ville résilienteoù les activités humaines s’ajustent aux exigences de l'environnement et non l'inverse. A défaut de quoi le pire est à venir. 
       Quelques éléments qui plaident pour ce changement :

Un territoire à risques

         Provence Alpes Cotes d'Azur c'est 963 communes - 4,8 millions d'habitants et 34 millions de visiteurs. 867 communes sont soumises au risque inondation et 83 % ont déjà eu un arrêté de catastrophe naturelle. 958 communes sont concernées par le risque sismique, 896 par le risque mouvement de terrain, 866 par celui des feux de forêt. Certaines cumulent plusieurs risques.  Voir la carte ci dessous:
 

Un climat qui change selon le GIEC

        Face à la multiplication attendue des inondations, sécheresses ou vagues de chaleur dans les prochaines décennies, pour cause de réchauffement, l'humanité doit déjà s’organiser, préconise un rapport d’experts. Dans ce rapport, le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l'organisation scientifique de référence dans le domaine, souligne que le réchauffement global va intensifier la fréquence et l'intensité des événements météorologiques extrêmes. Voir le 5ème rapport du GIEC 2014 .

Une pluviométrie de forte intensité

         Cannes, 196 mm d’eau (soit 196 litres au m2), durant cette nuit du 3 au 4 octobre 2015, Mandelieu 159 mm, Antibes 128 mm, Nice 109 mm, pour la même période.
         Ces quantités ne sont pas en soi exceptionnelles. A Nîmes un 3 octobre 1988 il est tombé entre 300 et 400 mm en 8 Heures, à Lézignan 600 mm, à Valleraugue qui détient le record 950 mm en 10 heures.
         Ce qui est exceptionnel c'est l'intensité et la courte durée de cet épisode. Ainsi selon Météo France, c'est le 3eme le plus important en une heure ou deux (depuis 1958 que sont recensés les événements météo).
         Ces épisodes se répètent de plus en plus, réchauffement ou autre phénomène, les constats sont sans appel. Ils annoncent des lendemains douloureux  surtout si on n'en tient pas assez compte.

Des catastrophes à répétition

         Pas forcément à ces endroits précis, mais dans le coin, comme sur toute la façade méditerranéenne.
         La presse a rappelé les épisodes coûteux en vies (200 morts) et en argent (des milliards d'euros) des inondations de ces dernières années dans le sud de la France. (Nîmes en 1988, Vaison-la-Romaine en 1992, l’Aude en 1999, le Gard en 2002, Montpellier en 2005, le Var et La Faute-sur-Mer en 2010, l’Hérault en 2012, la Bretagne, l’Hérault, le Gard et le Var en 2014, Montpellier puis les Alpes-Maritimes en 2015, pour ne citer que les épisodes principaux).
         Et tout en pensant aux victimes, l'on ne peut s'éviter de penser à ce qui se serait produit en plein été avec une grosse présence touristique, ou bien si la même pluie était tombée juste au dessus des collines  niçoises.
 
Les Alpes -Maritimes et le Var,
champions de la construction en zone inondable
             Les Alpes maritimes et le Var sont ceux qui construisent le plus en zone inondable (lesperdigones/article-"les-alpes-maritimes-et-le-var-champions-de-la-construction-en-zone-inondable"-)
         Entre 1999 et 2006, il s’est construit plus de 9000 logements en zone inondable dans les Alpes Maritimes. Un record qui en fait, avec le Var, le champion de France de cette spécialité. Et ça continue.
         Pour comprendre combien l'imperméabilisation des sols est ici importante, il faut rajouter les surfaces commerciales et les nouveaux logements prévus. Plus de 200 000 m2 de surfaces commerciales à Nice (hors voirie). A l'ouest des Alpes Maritimes, plus de 57 000 m2. Une aberration !
         Comme le dit fort bien Mr Desbordes, professeur à Montpellier, « il ne viendrait à personne l'idée de construire sa maison sur une voie de chemin de fer, alors que l'on bâtit sans honte sur les chemins de l'eau...Quoi qu'il en soit, c'est souvent l'incohérence des politiques d'aménagement qui est en cause dans les dévastations que nous avons connues, plus que la force de la crue.»
(Bertrand LEMARTINEL, Actes du colloque Médi-Terra, 2001)

Beaucoup de risques, peu de prévention

         Les Plans  de Prévention des Risques Inondations (PPRI -Voir les définitions sur Légifrance, et sur Wikipédia) sont parfois critiquables et attaqués au tribunal, mais ils constituent néanmoins une avancée quant à la gestion du risque, la réglementation, et les aménagements possibles.
         Pratiquement peu d'information à jour sur les sites gouvernementaux pour connaître le nombre de PPRI approuvée en PACA et pour cause, c'est nettement insuffisant.
         Le département du Var régulièrement touché a 30 PPRI approuvés. Dans Les Alpes Maritimes sur 163 communes, 51 ont un PPRI approuvé. En France seulement 37% des communes soumises à des crues disposaient d'un PPRI (chiffres 2011)

Les normes de référence des PPRI sous évaluées

         Les épisodes pluvieux remarquables servent à fixer les normes de référence pour les crues ou les plus fortes précipitations. C'est en fonction de ces références que les zonages et les aménagements sont définis. La tendance est souvent de les voir à la baisse.
         Ainsi du PPRI de Levens (20km au dessus de Nice), alors que l'on parle partout de référence centennale (pour les quantités de pluie, pour les crues), la norme prise en compte n'y est que cinquantennale, donc plus basse.
         Ainsi du PPRI Basse Vallée du Var. Alors que la crue du 5 novembre 1994 a été de 3 200 m3/seconde, les références choisies (en aval de la confluence avec l’Estéron) sont : Crue décennale : 2 050 m3/seconde - Crue centennale: 3 500 m3/s - Crue extrême: 5 000 m3/s.  Ces normes conditionnent tous les travaux de protection. Bien que réévaluées après la crue de novembre 1994 (on parlait auparavant de 2 615 m3/s pour la crue centennale), elles ne sont pas à la « hauteur » des caprices climatiques à venir.
         L’universitaire Pierre Paul Danna (GIR Maralpin) dans une communication du 12 février 2008 écrit  « les Services de l’État avaient en 1992, calé la crue haute du Var, c’est à dire la crue décennale, à 1 500 m3/s et c’est formulé comme cela que la DUP est arrivée en Conseil d’État. Deux ans après, le 5 novembre 1994, une crue de 3 200 m3/s détruisait deux barrages-seuils et inondait les installations basses de l'aéroport et du centre administratif départemental. En dépit de cette catastrophe, une bataille d'experts a été nécessaire pour que les mêmes Services de l’État consentent à caler à 5 000 m3/s la crue millennale du Var, tout en considérant centennale la crue observée en 1994. La sous estimation des risques était colossale et rien ne permet d'affirmer qu'elle ne se perpétue pas. » gir-maralpin.org/dossiers/DannaConfOinPlaineVar802.pdf page 21)
 
L'urbanisation est responsable des inondations:
l'analyse de la géographe Magali Reghezza-Zitt
         « Les inondations sont la conséquence directe de l’urbanisation du littoral. Sur les pentes qui cernent le littoral, là où il y avait hier des terres agricoles, des vignes, des oliveraies, on a construit des habitations. L’eau ne s’infiltre plus en amont du bassin versant, et, du coup, se déverse dans les cours d’eau. Or dans ces régions, il s’agit de petits cours d’eau, de ravins, à très faible débit en temps normal, qui permettent l’évacuation des eaux pluviales. Mais ces petits cours d’eau, dans lesquels l’eau monte très brutalement et redescend tout aussi brutalement, débordent lorsque les pluies sont vraiment très importantes. Et s’ils ont été couverts, bétonnés, équipés de buses d’évacuation artificielle, et ainsi imperméabilisés, ce phénomène de débordement est accentué.
         Il y a également un vrai problème de ruissellement urbain. Les voies d’évacuation sont insuffisantes : lorsque se produisent des orages extrêmement violents, les canalisations ne sont plus capables d’absorber le trop-plein d’eau et débordent. Il n’y a même plus besoin d’avoir des cours d’eau pour que l’eau monte dans les rues et provoque des inondations.
         Un risque « naturel » peut ainsi être aggravé, voire complètement créé par l’urbanisation. Les plans de prévention des risques (PPR) sont censés contrôler l’urbanisation des zones inondables. Ils existent dans la loi depuis 1995. Mais, vingt ans plus tard, on continue à urbaniser des zones à risque. »....
 
         Pour aller plus loin, lire:

A quoi sert le rapport de la cour des comptes ?

         Il y a en France des études, des rapports bien faits, dont on se demande à quoi ils servent vue leur peu d'impact sur la réalité. Un gros exemple : il pèse plus de 300 pages, c'est le rapport de la cour des comptes publié en Juillet 2012 suite aux catastrophes de  Xynthia et des inondations dans le Var. (lesperdigones/article-"inondations-les-enseignements-de-la-cour-des-comptes"-). Ce rapport, très intéressant, situe bien les problèmes d'information, de prévention et pointe les responsabilités. Voici l'une de ses conclusions:
       « L’examen des mesures de prévention prises avant les inondations montre leurs défaillances, qu’il s’agisse de l’établissement des documents d’information sur les risques, de la diffusion des atlas des zones inondables, de l’élaboration des plans de prévention, de l’obsolescence des documents d’urbanisme ou encore de la faiblesse du contrôle de légalité. Face à une véritable soif de construire, généralement relayée par les élus locaux, l’Etat n’a souvent pas su faire preuve, au plan départemental, d’une détermination suffisante pour empêcher des constructions dans des zones à risque."
            Qu'a t-on fait depuis ? Rien qui aille dans le sens de ces recommandations. Le contraire même. Des PPRI sont approuvés avec des zones bleues, inondables mais constructibles, faites sur mesure, des PPRI (et des PLU)  qui avalisent l'absence de  système de gestion  des eaux pluviales,  continuant le busage des ruisseaux. 

Constructions en amont : l'eau descend plus vite et fort

          Tout le monde sait que l'eau descend. D'autant plus vite et plus fort que les surfaces du haut sont bétonnées et que la gestion des eaux est absente. C'est ce qui se passe à chaque fois que les villes côtières sont impactées. A leur sur-urbanisation et à leur bétonnage excessif s'ajoute ce phénomène. Lorsqu'on interroge le Maire de Cannes, David Lisnard, sur les constructions, il répond : « l'imperméabilisation des sols par l'urbanisation en général, se pose davantage dans les zones périurbaines ou rurales et catalyse le ruissellement des eaux vers les villes du littoral » (Nice Matin 10 Octobre 2015).
           Il est évident que plus l'urbanisation est forte et débridée au dessus des villes côtières, surtout sur les chemins de l'eau, plus les villes du bas souffriront. D'où les champs d'expansion de crues conservés ou réalisés dans certaines régions. En PACA, au prix du m2, on écarte vite cette mesure indispensable.
 
L'exemple du « Paillon de Levens »:
plus de « cat nat » en bas qu'en haut
         La Banquière (un des affluents du Paillon) prend sa source sur la commune de Levens, à 800 m d’altitude au pied du mont Férion (1414m). D’une longueur de 17 km, c’est un cours d’eau naturel à l’exception de la traversée de Saint André de la Roche, où il est artificialisé́ par des digues. Il comporte de nombreux affluents. A la sortie de Saint André de la Roche, la Banquière, dénommée aussi  Paillon de Levens se jette dans le Paillon, ce fleuve en partie couvert dés lors qu’il traverse la ville de Nice. (pays-des-paillons.fr/dossier 463).
         Pour illustrer l'évidence que quand on imperméabilise en haut, c'est le bas qui trinque, il n'y a qu'à regarder le nombre des arrêtés de catastrophes naturelles inondations et coulées de boue pour les communes de ce bassin versant. A ce  jour, ils sont au nombre de 7 pour Levens (en haut), 11 pour Tourrette Levens (10 km plus bas) et 13 pour Saint André (encore plus bas) aux portes de Nice. (source : macommune.prim.net)
 
Les zones bleues (des PPRI) inondables, constructibles,
et meurtrières
         Il y a un vrai problème avec les zones bleues. Celles ci sont reconnues comme inondables, mais constructibles avec certaines prescriptions. Sur le principe pourquoi pas, si les études en toute objectivité considèrent que leur positionnement ne peut être catastrophique, bien que recevant plus d’eau qu’en zone blanche où l'on peut bâtir sans restrictions. Malheureusement cela a été détourné. Lorsque les zones bleues sont entourées ou situées à proximité des zones rouges, c'est souvent qu'elles sont dangereuses. C'est ce qui s'est produit à Mandelieu - La Napoule, au quartier du Cap Vart où il y a eu 8 morts (Intempéries à Mandelieu-La Napoule, la vague est arrivée comme un raz de marée, émission Rmc/BfmTV)
         Les exemples sont multiples de ces enclaves rendues constructibles. Comme à Draguignan où l'on met le centre de secours (pompiers) le long de la Naturby. La rivière Nartuby est zonée rouge au PPRI, la parcelle du centre de secours, bleue. Résultat : le centre est inutilisable, noyé. A Levens un PPRI récent crée une zone bleue « spéciale », reconnue plus dangereuse, mais avec des droits à l'imperméabilisation plus forts qu'ailleurs, pour sauver un projet d'immeubles. 
         Tout le monde a souligné le problème de la gestion des eaux pluviales, des écoulements et des noues souvent absents, des bassins de rétention, des busages, des rus d'évacuation ou des vallons sous-calibrés, des champs d’expansion des crus imperméabilisés. L'on verra  (prochain article) que des communes comme Levens cumulent ces problèmes et que cela n'empêche ni le PPRI, ni le PLU d'être adoptés et les constructions de se faire en dépit du bon sens.

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* Note de renvoi « ville résiliente »:
        * Un système résilient est un système en équilibre dynamique, capable : d’anticiper des perturbations grâce à la veille et à la prospective, d’en minimiser les effets, de se relever et rebondir grâce à l’apprentissage, l’adaptation et l’innovation, pour évoluer vers un nouvel état en équilibre dynamique préservant l’intégrité du système. Dans le cas d’un territoire par exemple, cet état est décidé et construit démocratiquement.
         Selon des universitaires américains, la résilience est la capacité d’un système social (par exemple une organisation, une ville ou une société) de s’adapter de manière proactive et de se remettre de perturbations perçues, au sein du système, comme non ordinaires et non attendues.
         Par rapport aux concepts de gestion des risques, de capacité d’adaptation ou de vulnérabilité, la résilience est un concept plus complexe, plus opérationnel et plus stratégique, notamment par rapport à la vulnérabilité. Avec sa dimension proactive, la résilience souligne l’importante non seulement de réagir, mais surtout d’anticiper. 
         Pour aller plus loin:
 urbanisme.developpement-durable.gouv.fr/synthese-ville-demain-
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  • Cet article est le premier d'une nouvelle série sur les inondations.
  • Le second concernera un cas d'espèce : l'étude du PPRI de Levens et les arrangements  auxquels il a donné lieu
  • Le troisième évoquera une série de dispositions pour que l'homme n'aggrave pas le risque et vive mieux avec.

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Gir Maralpin 18/10/2015 08:09

Les précipitations qui se sont tout récemment abattues sur une partie littorale du département des Alpes-Maritimes n’ont d’égale que celle avec laquelle certains ont maudit le ciel. Pourtant ce dernier n’a eu de cesse de gronder sur ce territoire où l’on se moque de la nature et où l’on croit pouvoir la malmener jusqu’à plus soif de terres, d’espaces et de profits. Ce sont pourtant moins de 200 mm de pluie (et non pas les 400 mm de Fréjus et de Nîmes naguère) qui auront suffi à mettre en cause l’aménagement d’un territoire où ses gestionnaires n’ont pas fait grand cas des recommandations des experts et des autorités de l’État sous lesquelles a été pourtant élaborée une bien timide DTA 06, que personne néanmoins ne respecte. C’est le récent audit du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) qui vient de l’affirmer en mettant en cause la gestion des Autorités locales et aussi le comportement de certains citoyens.

Les clés de lecture que nous livrons à nos lecteurs sont édifiantes et précieuses. Elles ouvrent sur des trésors d’analyses et de réflexions dont il faut s’emparer pour se dégager du gâchis où est englué ce territoire, et pour jeter les bases de sa résurrection qui ne sera plus occultée par des incantations mensongères mais qui sera fondée sur des données objectives et reposera sur la participation de tous les citoyens (jm).

[1] Les inondations azuréennes catastrophiques du 3 octobre 2015 - Quelques clés de lecture – Dossier

Les éléments d'information (PPRN, PPRI, DTA 06, son bilan 10 ans, Audit CGEDD, examen d’évènements locaux) collationnés dans le présent dossier sont destinés à éclairer sur les processus à partir desquels un évènement météorologique, somme toute assez courant, peut entrainer de nombreuses pertes de vies humaines et des désordres de grande ampleur dans une des plus riches régions du littoral méditerranéen.

Le rappel du contexte hydrométéorologique méditerranéen établit que l'épisode, certes intense, ne présente nullement un "caractère exceptionnel" au sens de la rareté. En revanche, le rappel des stratégies nationales et régionales en matière de gestion des eaux et des risques d'inondation, ainsi que l'analyse de l'évolution du territoire à travers les recommandations de la DTA 06 et de son suivi, établissent clairement les charges qui pèsent sur les aménageurs des Alpes-Maritimes, soulignées dans le constat dressé par le CGEDD dans son récent audit sur les risques. [dossier arrêté le 12 octobre 2015- 27 pages -
http://www.gir-maralpin.org/Environnement&DD/EpisodeOct2015ClesLecture151015.pdf)

[2] Sur un thème connexe : Vallées et vallons, "arrière-cours" de la bande littorale – Enquêtes [Rappel de l’InfoCirc 156]

À la veille de la clôture (le 18 juin 2015) de la consultation du public sur le SDAGE Rhône-Méditerranée, le GIR Maralpin et ses partenaires du GTIC ne peuvent que déplorer la piètre contribution de l’EPA Plaine du Var à la gestion et l’aménagement du bassin inférieur du Var, espace de 15 000 ha sur lequel cette institution se targue, depuis plus de cinq années, de « promouvoir l’éco-exemplarité » (sic).
Bien au contraire, cette vallée dont l’aquifère assume l’alimentation en eau d’une grande partie de la population littorale, n’a cessé d’être en proie à un mésusage spéculatif, au risque de compromettre l’exploitation de la ressource, et au détriment des derniers vestiges de l’activité agricole.
Mais la prise en considération des préceptes qui régissent l’élaboration des Schémas Directeurs d'Aménagement et de Gestion de l'Eau (SDAGE) et de leurs déclinaisons locales (les SAGE), ne doit pas se restreindre aux seuls bassins qui font l’objet, comme celui du Var, de déclarations d’intentions aussi péremptoires que fallacieuses. Ces préceptes devraient s’appliquer, aussi et sans faille, à tous ces cours d’eau qui, à l’image du Var, constituent chacun « l’arrière-cour » d’une façade littorale qui s’y débarrasse sans vergogne de ses « encombrants », sans en évaluer les moindres conséquences quant aux risques hydrologiques, environnementaux et sanitaires majeurs qu’ils font peser sur les villes elles-mêmes et même sur leur milieu marin.
Afin d’appeler l’attention sur l’état de délabrement du réseau hydrographique littoral, le GIR Maralpin et son partenaire local l’ASPONA (Association pour la sauvegarde de la nature et des sites de Roquebrune-Cap-Martin, Menton et environs), se sont livrés à une courte enquête sur l’un des cinq fleuves côtiers du bassin mentonnais. Une telle enquête pourrait à elle seule suffire à soulever une indignation que l’inventaire naturaliste de notre collègue Joss Deffarges légitime sur le plan scientifique.
Le GIR Maralpin et l’ASPONA, qui n’ont pas manqué de porter cet exemple à connaissance des instances supérieures en charge de la protection des ressources naturelles et de l’environnement, espèrent ainsi susciter par leur démarche, l’émulation des autres associations et des citoyens pour que, de proche en proche, l’ensemble des enjeux et des ressources des cours d’eau littoraux, et notamment le bassin inférieur du Fleuve Var, soit inventorié en vue d’une prompte et décisive remise en état (jm).

Regards sur l’un des fleuves côtiers des Alpes-Maritimes - La basse vallée du Borrigo [Communes de Sainte-Agnès et de Menton]
Diaporama 28 planches:18 Mo - http://www.gir-maralpin.org/Environnement&DD/EnvMentonValBorrigo.2015.05.ppt
Biodiversité des Vallons de Borrigo (Ravin de Cabrolles) et de Pescaïre à Menton et Ste. Agnès
2 pages : 2 Mo - http://www.gir-maralpin.org/Environnement&DD/BioDivMentonBorrigo.2015.pdf

Alerte à Babylone 17/10/2015 08:58

Beau travail de fond et bel article didactique superbement t documenté. Félicitation pour la nouvelle mise en pages; la forme donne sens au fond.
Avec le réchauffement climatique, le niveau des océans pourrait s'élever dit-on de 98cm d'ici à 2100 ce qui menacerait plus d'un milliard de personnes habitant les terres côtières. Devrons-nous attendre jusque là pour que se résolve "naturellement" les problèmes de trop-plein et de déversoirs ?
L'écologie devient politique quand, face aux pouvoirs, on ne compte plus que pour des perdigones et que l'avenir "fout le quand" !
Climat ou TAFTA, il faut choisir ! - Attac France

Il me semble qu'il serait utile que l'on rajoute à la note de bas de page le substantif "noue" car sa fonction est plus élaborée que celle du fossé d'eau pluviale. Longue vie aux pruniers!