JARDINS PARTAGÉS : LA BELLE HISTOIRE DE MONTALEIGNE (06)

Publié le par les perdigones

 

      À Cagnes sur Mer, autour de belles villas, sur 2 hectares prêtés par un propriétaire, partage et culture de la terre se marient. Pour le plus grand bonheur des jardiniers et de la nature.

 

      C’est une belle histoire. De celles qui tirent l’homme vers le haut. Et la terre vers la vie.

      Et pour parfaire le tableau, elle se déroule dans un lieu magnifique. Sur les hauteurs de Cagnes sur Mer, à Montaleigne, au milieu de belles villas et de magnifiques propriétés privées, avec la grande bleue à portée de vue et les montagnes du Mercantour dans le dos.

 

 

UNE DIZAINE DE PARCELLES EN CULTURE

 

      Là sur deux hectares de terrain en restanques, la végétation est luxuriante, les arbres imposants. On y rencontre des eucalyptus, pins, néfliers du japon, bambous, oliviers, figuiers, arbousiers etc.  Il y a aussi des espèces protégées et classées comme de gracieuses orchidées ou des palmiers nains.

      Et sur des planches autrefois envahies par la broussaille et par les ronces, sont nées des parcelles de jardins potagers.

      Une dizaine a déjà conquis les baragnes, une autre dizaine est à venir.

      Des jardins pas tout à fait comme les autres: des "jardins partagés" appelés aussi "jardins_communautaires"

      Dans « jardins partagés » les deux termes sont importants. La base c’est le jardinage, bien sûr mais en partage. Chacun, sur son lopin de terre, fait ce qu’il veut, cultive quand et comme il veut, mais il y a mise en commun des compétences, des moyens humains et matériels. L’échange d’abord et avant tout.

 

 

LA TERRE EN PARTAGE

 

      L’aventure de Montaleigne est née comme souvent de rencontres.

      Christophe Giroguy est un militant de l’économie solidaire. À Nice il est responsable du pôle d’économie solidaire (PECOS). Passionné de plantes, de culture agro écologique, il s’est aperçu du fossé qui sépare beaucoup de monde de la nature. Ainsi des enfants, qui ont paru étonnés de voir que les tomates poussaient sur des plants.

      Il aimerait bien aller plus loin, Christophe, donner à cultiver, expérimenter pour de bon, embellir un lieu.

      Mais ici sur la côte d’Azur autant ne pas se faire trop d’illusions. Les terrains sont  chers. Ils servent à construire. Partout et face au rouleau compresseur du béton, la biodiversité pèse peu.

     Quoique ! ce doit être la biodiversité humaine, il y a des gens qui pensent autrement. Et agissent. Ainsi ce propriétaire (Charles Arnould) qui va l’entendre et mettre généreusement à disposition ces deux hectares de terres pour que se réalise un projet qui préserve l’environnement plutôt que de faire pousser du béton.

      Préserver l’environnement, cultiver la terre, partager, créer du lien entre les êtres humains et avec la nature, telles vont être les conditions pour ceux qui veulent travailler  ces parcelles de 60 à 80 m2.

      Ainsi vont naître les jardins partagés de Montaleigne. (voir "réseau jardins solidaires méditerranéens" et aussi "nice-matin")

 

 

UNE FÊTE INAUGURALE

 

       Ce dimanche 10 octobre les dix jardiniers étaient bien entourés. Une centaine de visiteurs au moins, venus de loin ou voisins proches. C’était jour de fête à Montaleigne. http://www.apeas.fr/local/cache-vignettes/L220xH311/affiche_jardin-233aa.jpgEt l'inauguration du jardin partagé.

       Et chacun de faire visiter à ces nombreux invités son lopin de terre, et de raconter comment il s’y est pris pour faire pousser plantes, fleurs, légumes. Les mises en cultures ont commencé au printemps et les premières récoltes sont riches en promesses.  

      Ici la règle c’est le bio. Pas de pesticide, pas d’’engrais chimiques. Les plastiques sont bannis, on encourage le compost, il y a des toilettes sèches, certains font appel au paillage, d’autres à la culture sur buttes. Et les abeilles ont trouvé tout naturellement leur place : 10 ruches pimpantes pour les accueillir.

      Amateur ou un peu plus aguerri, chacun livre ses trucs, ses méthodes. Tous ont en commun cette expérience, cette même terre, mais chaque lopin est différent.

      Le parcours à travers les jardins offre bien des surprises : ici la culture des cacahuètes, là les cultures associées en savant mélanges, ici un jardin de senteurs, ailleurs une seconde récolte de tomates grâce au repiquage des gourmands, là un jardin de simples.

 

      Rien de tel que de parler plantes et cultures pour se comprendre et échanger des savoirs, des savoirs faire. Avez-vous remarqué combien les discussions autour de ces sujets sont sereines ?

      C’est une sorte d’équilibre de bien être que chacun a retrouvé dans cette expérience.

 

 

      Repas partagé à prix libre, musique, poésie, documentation, ateliers de bouturage et d’épouvantail… ont accompagné cette journée.

      Et c’est tout naturellement qu’une conférence sur la permaculture fut donnée en ce lieu. Rappelons que selon son inventeur Bill Molisson cité par le conférencier Guislain Niçaise, la permaculture est « une méthode de création d’environnements humains durables ».

      On lira avec intérêt sur le site du « Sauvage »  une contribution écrite de Guislain Nicaise  sur la permaculture. Sa conférence en était toute imprégnée.

 

       Le lieu offre beaucoup de possibilités. Une belle partie ne demande qu’à être mise en valeur. Un poulailler va voir le jour. Un espace pédagogique pour les enfants est prévu, de même qu’un coin des curiosités, la protection de plantes rares et classées, la plantation de nouveaux arbres, l’échange de graines. Quant aux ronces, riche réservoir de biodiversité, pas question de les éradiquer en totalité, pas plus que les herbes dites « mauvaises ».


      Des aménagements sont encore nécessaires, mais une dynamique est enclenchée. Une dynamique tant humaine que naturelle.

 

Cette initiative a vu le jour grâce au PECOS et au Pôle d'Initiative Locale d'Economie Solidaire (Piles06). Elle est soutenue par la région PACA.

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christine 23/10/2010 18:26



Si nous avions la chance de pouvoir profiter un jour de "paniers bio" produits ici chez nous ce serait vraiment bien... je m'inscrit tout de suite !



les perdigones 25/10/2010 21:39



Et comme il  y a plusieurs personnes qui sont sur cette démarche et qui nous l'ont fait savoir on va dés à présent faire des listes d'inscription.C'est aussi de cette façon qu'on pourra avoir des paniers bio. Car enfin, il y aurait des consom'acteurs, des
cultivateurs, des terres à disposition et rien ne se fairait ? Pas croyable!


La journée du 21 Novembre va populariser en grand cette initiative et d'autres encore



MW 13/10/2010 10:32



Bravo c'est magnifique !!!


A quand les paniers bios à Levens ?