L'Orte à la Communauté Urbaine de Nice, un vote aveugle

Publié le par les perdigones


Alors que l’élu vert Rémy Gaechter proposait des réunions de travail pour juger de la pertinence de construire des immeubles à Levens au lieu dit l’Orte, la majorité, qui ne connaît pas le dossier, s’est précipitée et n’a rien voulu considérer de la spécificité des lieux.

 

 

       8 heures du matin, vendredi 4 décembre. Des membres des associations « les Perdigones » et de l’ADSLevens distribuent un quizz aux élus de la communauté urbaine NCA. (cliquer sur les photos pour les agrandir)

       Ils veulent ainsi attirer l’attention sur la problématique du lieu de l’Orte choisi par le maire de Levens pour y construire des immeubles.

       Depuis des mois ils alertent. Le lieu reçoit de l’eau en quantité et n’est pas correctement pris en compte y compris par le PPRI (Plan de Prévention des Risques Inondation) en cours d'approbation.

 

 


"VOUS NE CONNAISSEZ PAS LES LIEUX"

 

         À leur grande surprise ils s’aperçoivent que personne ne connaît ce dossier. Pour tous ces élus la problématique est simple : il manque des logements sociaux sur la communauté urbaine et pour une fois qu’on a trouvé un terrain, on ne voit pas pourquoi il y aurait un problème. L’échange avec les élus à la porte de l’assemblée communautaire est essentiellement courtois:

         « Bonjour, vous allez prendre deux décisions concernant Levens, on vous apporte des éléments qui ne sont pas dans les délibérations ».

         La discussion avec Dominique Estrosi Sassonne vice-présidente de NCA, présidente de Côte d'Azur Habitat, spécialiste des questions de logement est révélatrice. « vous n’aurez pas des tours, je connais Levens » dit-elle

         « Oui, mais vous ne connaissez pas ces lieux là, savez-vous combien il y a de sources, de puits etc. Et puis vous ne prenez pas une délibération pour modifier seulement 6500 m2, mais 2,65 ha »

         Silence

         L’élue dit ne pas voir pas au delà des 35 logements programmés : « votre maire ne les mettrai pas n’importe où ». Et puis il y a « les services de l’État, garant de la conformité » dit-elle. Mais quand on rentre dans le détail, qu’on commente les photos, qu’on explique les conclusions de l’enquête publique alors que le maire de Levens dit que le PPRI est déjà bouclé,  on sent de l’embêtement chez l’élue.

         Trois heures plus tard lorsque les questions de l’Orte viennent à la discussion, l’assemblée s’est clairsemée. Entre-temps on a discuté des orientations budgétaires de la CU, du schéma directeur des transports. Il n’y a plus dans l’hémicycle ni le président Christian Estrosi, ni Dominique Estrosi Sassonne qui est partie après avoir présenté son rapport sur le 2éme plan local de l’habitat. ( PLH 2010-2015).

 

Remy GAECHTER : "NOUS AVONS UN GROS SOUCI AVEC CES DEUX DOSSIERS"

 

          « Je suis particulièrement surpris de ces deux délibérations qui posent quand même un problème de fond ». Rémy Gaechter n’y va pas par quatre chemins. Son argumentaire est simple, il trouve ces constructions inadaptées au lieu : « engager un programme de 35 logements sur une surface qui est très importante, et qui pourra appeler d’autres programmes de logements à la suite de ceux que vous nous proposez,  alors que ces logements sociaux vont être ni plus ni moins construits dans une zone qui est inondable… nous sommes là complètement à côté de la plaque. »

         Pour l’élu vert: «  nous avons un gros souci avec ces deux dossiers » et de proposer de répondre aux besoins en logements sociaux d’une autre façon, de prendre en compte « des projets alternatifs ».

        Et il s’adresse au maire de Levens: « Mr le Maire de Levens pourra certainement nous dire que l’ancienne gendarmerie et des locaux annexes feraient des logements sociaux et pourraient être mis à disposition plus rapidement que les programmes qui sont proposés ».

          Et puis au président de séance du moment, Mr Nègre : « je souhaite une chose, c’est qu'avec Mr le Maire de Levens et Mr Alain Philip, ces deux dossiers soient remis à plat, que nous puissions les étudier, que nous puissions regarder s’il y a des projets alternatifs à mettre en place, et je souhaite que nous soyons en mesure de mettre en place une commission et qu’il y ait une ou deux réunions de travail avec les services de Nice Côte d’Azur, avec la mairie de Levens, avec Mr le vice président Alain Philip, éventuellement aussi les associations de Levens ; que nous n’allions pas trop vite, que nous ayons vraiment un projet qui corresponde à un besoin de la population et qui soit aussi respectueux de l’environnement. »

 


Alain PHILIP : "LE DOCUMENT EST CONFORME À LA LOI"

 

         Le rapporteur Alain Philip répond à Rémy Gaechter que « le document administratif proposé est parfaitement conforme à la loi. Ce ne serait pas un document contraire à une zone de risque qui serait identifiée, car de toute façon on ne peut pas ». Et voilà. Tous ceux qui ne connaissent rien au dossier ne peuvent qu’approuver ce raisonnement de bon sens.

         La suite de l’argumentation est exactement ce que nous annonçons dans ce blog depuis des mois  ( voir "IMMEUBLES ... PLUS FORTS QUE LES INONDATIONS" ).

Ainsi, Alain Philip de poursuivre selon ce même scénario: « Aujourd’hui c’est un cadre global de règle qui est soumis à cette assemblée et ensuite il y a le stade du projet avec le permis de construire, étant bien entendu que ce permis de construire devra répondre à toutes les règles, et s’il y a des règles prescrites par le plan de prévention il devra répondre aux prescriptions. Il faut distinguer ces deux éléments essentiels ».

         Ceux qui ont suivi le dossier savent précisément que les conclusions du PPRI demandent à parfaire l’enquête sur ce secteur. Que les prescriptions, telles que décidées avec le PPRI incomplet, sont minimes, alors qu’elles devraient être beaucoup plus contraignantes avec la prise en compte de la réalité hydrogéologique du secteur. Mais ça, on ne veut pas l’entendre.

        Et que penser de l’intérêt de Mme Estrosi Sassone et du président Christian Estrosi, bien curieusement absents au moment de la discussion et du vote de ces délibérations ?

       


DENI DE REALITE


        L’association les Perdigones « ne souhaite pas pour l’instant rentrer plus avant dans le détails des problèmes soulevés, des mensonges et des omissions. La façon dont a été mené ce dossier est un déni de réalité ».

          Déni de réalité confirmé par les quelques mots du maire de Levens. Pour lui, « ces photos sont anciennes, depuis les problèmes sont réglés, et puis il y a le vallon qui est parfaitement calibré pour recevoir les eaux »

         Évidemment ce discours ne repose sur rien. Des photos de 2008 montrent autant d’eau, il n’y rien eu de fait et de réglé. Quant à rejeter les eaux dans le vallon, c’est bien là un des problèmes : l’aggravation des risques à l’aval.

         Pour montrer qu’il avait une bonne maîtrise du dossier, le maire de Levens a sorti en conclusion une perle qu’on ne pouvait imaginer « l’eau servira à arroser les jardins familiaux des logements sociaux ». Arroser quand la pluie tombe à seaux, voilà une nouvelle technique agricole inconnue jusqu’alors !


         La majorité a voté pour, l’opposition (Vert,PS,PC) s’est abstenue, car elle est pour les logements sociaux, mais pas là ni dans ces conditions de déni de l’environnement.

         Quelque chose nous dit qu’on a pas fini d'entendre parler des eaux de l'Orte.

 

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munter 16/06/2010 16:31



Pourquoi ne parlez-vous pas des hauts de St Claire


des villas doivent être construite à côté des cyprès 1 alors que c'était une zone verte Déjà les cyprès 2 ne sont pas un succés mais là nous devenons plus qu'un lotissement et si ça continue on
rasera le peu de forêt qui va rester pour rejoindre le bas de Ste Claire et on va faire un village à nous tous seul



les perdigones 16/06/2010 23:26



Nous parlons de ce qui a été décidé à la communauté urbaine lors de cette fameuse journée où le moins que l'on puisse dire, c'est que les élus de la majorité qui ont voté la modification des 2,65
ha ne connaissent ni les lieux ni le dossier. Dans ces 2,65 ha ne figure pas le lieu dont vous parlez. Heureusement d'ailleurs , sinon l'on pourrait y bâtir des immeubles ! Vous avez raison, la
frénésie est sans limite. Reste que Levens est en France et qu'il existe des règles sur les zones et ce que l'on peut y faire...jusqu'au moment où on les change... Pour le moment, il n'est pas
possible de construire depuis Les Cyprès 1 jusqu'à Ste Claire, mais il vous faut rester vigileants. Savez-vous qu'il y a 20 ans les Cyprès 1 n'était qu'une prairie et les Cyprès 2, une forêt ?
Quant aux Cyprès, ce qui l'en reste...Alors attention à ce qui peut se passer un peu plus haut sur Bervegiaire et Fiaracca, car les appétits de certains sont sans limites et la construction du
rond point à l'entrée des Grands Prés laisse présager le pire, c'est à dire une urbanisation galopante de tout le secteur.



kurisu 08/12/2009 16:24


cette façon de voter "comme un seul homme" (ou presque) me rappelle curieusement certains conseils municipaux... pas à dire, on est entre de bonnes mains !