L'avenir de Levens (06), à la communauté urbaine de Nice.

Publié le par les perdigones

 

 

       Tendance à l’urbanisation à outrance, manque d' emplois de proximité, axes de circulation inadaptés et saturés, tout cela est confirmé à l'issue de la dernière séance de la Communauté Urbaine où a été discuté le PLU de Levens.

       Le maire annonce l'étude, d'un périmètre agricole sur 4 hectares au quartier "la Madone".

       Le dossier de "l’Orte" a été évoqué. Nous demandons, avec Rémi Gaechter, que l’étude de l’expert soit communiquée aux élus et aux Perdigones, tant le maire sur ce dossier a menti et n'a jamais joué la transparence.

 

         « Commune de Levens – Plan Local d’Urbanisme - Débat sur les orientations générales du Projet d’Aménagement et de Développement Durable » (lien délib), c’était l’un des points à l’ordre du jour de la séance de la Communauté Urbaine de Nice Côte d’Azur ce 21 janvier.

 

 

96% DE DÉLÉGUÉS POUR LA MAJORITÉ


          Le débat, fut ce que fut auparavant la concertation de la population levensoise: à minima. Cela tient à deux facteurs.

  • D’une part la nature des modifications envisagées pour cette commune est très loin de faire consensus dans la population, et mieux vaut taire certaines orientations (densification urbaine par exemple).
  • D’autre part la Communauté Urbaine est un organisme supra local où la majorité, élue au suffrage indirect, dispose de tous les pouvoirs. (voir article wikipedia). 


 

         Elle a tous les moyens pour faire ce qu’elle veut, comme elle le veut. Il suffit de voir sa composition et son organigramme . 

         Cette structure regroupe actuellement 27 communes. Sur 107 délégués  communautaires, 102 sont acquis à la majorité, 5 à l’opposition. Comme à Dunkerque, Toulouse  (plus généreux) ou ailleurs, ces quelques membres de l’opposition sont accordés par les présidents. Il n’y a aucune obligation de la loi pour que l’opposition, même si elle recueille 49% des voix, soit représentée. Une façon de reconnaître que cette loi est injuste. 96% d’élus à la communauté urbaine de Nice pour combien de voix? 45% - 50% - 55% ? en tout cas pas 96%.

         Cela devrait changer en 2014. L’on devrait élire les membres des communautés urbaines (et des EPCI)  au suffrage universel direct et non pas comme aujourd’hui de façon indirecte.


         Donc quand une question vient en débat à la Communauté Urbaine de Nice Côte d’Azur, il n’y a aucun risque pour les élus de la majorité. Ils peuvent faire ce qu’ils ont envie, dire ce qu’ils ont envie, applaudir, et C. Estrosi, maître des lieux, de couper le micro, le reprendre ou refuser de donner la parole. On conseille à tout citoyen d’assister au moins une fois à ces séances qui sont publiques.


         Il y eu deux points de vues fort opposés qui se sont manifestés à propos du PADD (PLU) de Levens à cette séance. Celui de Rémi Gaechter (Europe Ecologie Les Verts) et celui du maire de Levens. Ils n'ont pas dialogué pour autant. Rémi Gaechter a soulevé un certain nombre de problèmes, posé des questions. Le maire de Levens, pour toute réponse, a dit que tout était bien.

        Nous retranscrivons l’essentiel de ces interventions. La forme que nous avons choisie n'est pas celle qui eut lieu. Mais combien il est éclairant de mettre en perspective les deux orateurs entre eux, et de rapporter les questionnements et les discours responsifs aux faits.

 

 

URBANISATION POUR QUI ?

 

 REMI GAECHTER :

        «  Je vous rappelle mon intervention sur les risques d’inondabilité du secteur de l’Orte.  Je me permet de revenir là dessus aujourd’hui, parce que quand on regarde le document qui nous est proposé, on s’aperçoit qu’il y a une volonté d’urbaniser tout ce secteur de long de la RD19. Nous n’avons pas tous les éléments ( PPRInondation, rapport de l’hydro-géologue) et j’ai l’impression que l’on va un peu vite en besogne…

         Toute cette urbanisation, tous ces logements sont destinés à qui ? Une population locale en manque de logement ? ou de gens qui habitent sur le littoral ? C’est tout à fait différent de l’approche que l’on peut faire concernant l’urbanisation d’une ville comme Levens .

         Je lie cette question à la problématique des transports. Le matin et le soir, pour faire le trajet entre Levens et Nice il faut une heure. Si l’on rajoute de l’urbanisation, si les gens vont travailler sur le littoral , je pense que l’on ne va pas dans le bon sens , dans le sens de l’agenda 21 tel que le Président nous en a parlé ».

 

 ANTOINE VERAN :

         «  La RD 19 et la RD20 sont deux axes primordiaux dont les points noirs sont en train d’être levés. L’axe de circulation est parfait.

Il ne s ‘agit pas d’importer des personnes sur les logements sociaux de la commune , mais il s’agit de loger les gens qui sont demandeurs. »

 

 LES FAITS  :

         Sur le logement. Depuis des années les locaux et appartements de deux gendarmeries sont abandonnés. Les terrains et les murs appartiennent soit à la commune, soit au conseil général. Il y a la place pour réaliser 35 logements immédiatement. Seulement six sont programmés (rénovation).

         Par ailleurs l’augmentation de population n’est pas due à un solde positif de la commune mais à un solde migratoire (voir pré-diagnostic page 17) .

         Quand à la circulation, elle empire . La soi-disante amélioration par un « rond point et la ligne droite des prés » ne résout rien.  On laisse cette « amélioration » à  l’appréciation des automobilistes.

         Rajouter des milliers de personnes comme prévu, évidemment ça ajoutera du trafic. Seul Mr Véran ne comprend pas.

 

 

L’ORTE : Le rapport de l'expert doit être connu de tous

 

REMI GAECHTER :

        "Le rapport de l’hydro géologue sur l’Orte ? Où en es-t’on ? Peut–on l’avoir ?"

 

ANTOINE VERAN :

       "Ce qu’il est important de retenir, c’est que bien sûr les études sont en cours. La semaine prochaine, nous aurons les premières discussions concernant les retours de cette étude sur l’hydro-géologie du site."

 

LES FAITS  :

        Il y a de l’eau qui pose problème, parce que, d’une part, elle sort en grosse quantité sur ce lieu, et parce que, d’autre part, elle sort en de nombreux points, par des résurgences. Elle n'est pas maîtrisable,.

        En toute logique, le permis a été stoppé par les services des risques de l'Etat, le PPRInondations, pas accepté, un hydro géologue nommé. Il faut se rappeler qu’Antoine Véran a toujours expliqué qu’il n’y avait pas plus d’eau ici qu’ailleurs ,et a voulu imposer à tout prix des constructions, là.

        « Ces photos sont anciennes, (rétorquait-il lorsqu’on avait montré à tous les élus de la Communauté Urbaine ce qui peut se produire) depuis les problèmes sont réglés, et puis il y a le vallon, qui est parfaitement calibré pour recevoir les eaux » disait-il l'an dernier, à cette séance de la communauté urbaine du 7 décembre 2009

(voir notre article de déc 2009, "l'Orte à la Communauté Urbaine de Nice, un vote aveugle "

Il avait aussi expliqué auparavant que le PPRInondations était approuvé. Tout cela était faux.

        

        Quant au rapport de l’expert, bien sûr le maire ne répond pas à la question précise. Il est évident qu’il faut que tout le monde en ait connaissance. Il y a eu déjà trop de mensonges et d’opacité sur ce dossier.

 

 

 

LES TERRES AGRICOLES :

4 hectares à "La Madone" (sur des propriétés privées) ?

 

 

 

 REMI GAECHTER :

 

         "Dans quelle logique est-on ? Est ce qu’on est, comme à Mouans-Sartoux, dans la logique de développer du bio, ou dans celle de supprimer des espaces agricoles ?

         Est ce qu’on veut urbaniser en lieu et place de ces terres qui seront bien utiles aujourd’hui et demain ?"

 

 

 ANTOINE VERAN :

        " Je passe sous silence les terres de l’Orte qui devraient nourrir toute la population. Il s’agit de 5000 m2 . C’est pas là qu’on va avoir une agriculture biologique intensive...La Communauté Urbaine NCA lance une étude sur le périmètre de la Madone sur lequel nous envisageons de protéger 4 hectares . C’est autre chose que 4000 m2….

 

 

 LES FAITS  :

         De 148 hectares en 1988, il reste à peine 40 ha de terres utilisées pour des activités agricoles (dont 36 d’oliviers ou de fruitiers). Maire depuis 1994, Antoine Véran ne porte pas toute la responsabilité de cette disparition, mais une bonne part. À travers les POS successifs, il a en effet augmenté et densifié les zones d'urbanisation.
.

         En décembre 2009, c’est à la demande d’Antoine Véran que la Communauté Urbaine a choisi de densifier 2,65 hectares  de terres, dans le périmètre de "l’Orte", lieu-dit où les anciens cultivaient. Preuve si besoin de la fertilité des lieux, ce périmètre apparaît dans le diagnostic du PLU comme "terres arables".

        Sur cette surface, 6500 m2 sont réservés à un premier projet de 35 logements et 4 immeubles.

         Rappelons que ces 6500 m2 sont encore publics.

         Les supposés 4 hectares, de "la Madone", à "l'étude pour un projet agricole" (nous prenons avec précaution ce genre d’annonce ) appartiennent à des privés.

         Dans tous les cas, ce serait la seule bonne intention de ce PLU. Ce serait aussi une concession face au tolé général devant la stérilisation annoncé des rares terres arables de la commune. 

         Mais c'est une intention bien insuffisante, c’est aussi le moyen de bétonner tout le reste: à "la Madone" comme ailleurs. La discussion de marchand de tapis « je bétonne ces terres là, je protége ces terres-ci » n’est pas de mise. Toutes les terres sont à protéger, surtout celles identifiées comme arables .

         À l'Orte une installation en maraîchage est possible immédiatement. Les techniciens l'ont confirmé. On est prêt à comparer les coûts avec de nombreuses dépenses sur la commune et juger de leur utilité réciproque.

 

        On notera au passage le désintérêt ou l’ignorance de l’élu levensois, qui n’hésite pas à parler " d’agriculture  biologique intensive ", alors que l’agriculture biologique est, au contraire, l’alternative à l’agriculture intensive. ( lire )

         Et chacun sait qu'aujourd'hui des projets sont viables et intéressants avec des petites surfaces, qu'il y a des "niches" pour des productions de qualité.

 

 

 

LES EMPLOIS CONTINUERONT... D’ÊTRE AILLEURS

   

 

REMI GAECHTER :

         « Il y a plein de  déclarations intéressantes sur l’emploi. Mais de quels emplois parlons-nous ? Est-ce qu’il y a une volonté de développer l’emploi sur Levens ? Si oui, avez vous des projets très précis à nous proposer ?

         Il est aussi question de développement d’activités de pleine nature, de gérer les espaces récréatifs, de quels types d’activités s’agit-il ?


ANTOINE VERAN : 

        "Nous sommes en train de construire les bases nécessaires pour 80/100 emplois ;

Un bourrelier cordonnier veut s’installer sur la commune."

 

 

LES FAITS     :

 

         « 80 À 85 % des actifs doivent trouver un emploi à plus ou moins longue distance de Levens » est-il signalé page 83 du pré-diagnostic du PLU. C’est un fait: les emplois sont ailleurs.

         Les emplois futurs annoncés (maison de convalescence "les Lauriers Roses") le sont depuis 4 ans. Donc rien de nouveau. Même s’ils se réalisent, ils seront très loin de compenser la population nouvelle. L’aggravation continuera. C’est la caractéristique même d’une ville dortoir, l’inadéquation entre le lieu de vie et le lieu de travail.

          Quant aux activités récréatives au Férion par exemple, la vigilance est de mise, le maire ne répond même pas à la question.

 

 

 

TOUJOURS LA CHARRUE AVANT LES BŒUFS.

 

  •          L’emploi n’y est pas, mais on va accentuer l’urbanisation.
  •          Les routes ne correspondent plus à cette circulation, mais on va accentuer l’urbanisation.
  •          Les études ne sont pas rendues, ne sont pas publiques, mais on veut urbaniser sur l’Orte et le long de la RD 19 alors que certaines habitations sont à sécuriser.

 

        En fin de séance, le rapporteur Alain Philip annonçait. « Des études sont en cours. Au travers de ces éléments, on ajustera au mieux le projet communal »

        C’est bien de le dire. Mais pourquoi ne pas faire les choses dans l’ordre? En fonction des résultats des études, par exemple choisir les lieux à densifier si nécessaire .

 

        Prochain épisode : la consultation avec commissaire enquêteur.

        L'enjeu est toujours le même: ville dortoir ou Vert Pays.

 

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villanueva serge 30/01/2011 10:28



chers amis "levensois" !! soyez "heureux ! vous êtes bénis des "dieux" !! Nous à Nîmes à la communaité d'agglomération "présidé" par notre sénateur maire l'opposition est interdite !! monsieur le
sénateur, maire président n'a accepté "aucun" conseillé municipal Nîmois d'opposition pour siégé au conseil communautaire de "NIMES-METROPOLE" !!  vive la démocrtatie !!



yannie 28/01/2011 13:52



urbanisation: Ca ne profite qu'a eux!!!!!!!........nos politiques, car nous devrons encore payer viabilité : réseau eau, routes etc....... Ils commencent par ST ANDRE et continuerons.


rien ne les arrête!!!!!!