LEVENS (06) : « La Phocéenne d'Habitation » renonce à l'Orte

Publié le par les perdigones

« La Phocéenne d'Habitation » renonce à la construction d'immeubles à l'Orte.
Mais en dépit des énormes problèmes du lieu, et de surcoûts IMPORTANTS, un autre constructeur, « La Logirem » est discrètement annoncé en éventuel remplacement de dernière minute....
 
L'information apparaît au détour d'un discours du maire de Levens. Cela se passe lors de l'inauguration de 5 logements à la Treille au cœur du village. L'élu part dans un couplet habituel...Et l'on apprend, comme si c'était un fait évident, qu'à l'Orte la Logirem va construire 25 logements. Evidemment des « journalistes »  présents sur les lieux, pas un seul ne lui demandera : « Mais Mr le Maire, jusque là c'était la Phocéenne d'Habitation qui menait le dossier, que s'est-il passé ? ». Personne ne posera non plus la question au responsable de la Phocéenne d’Habitation qui est présent lui aussi (puisque c'est la Phocéenne qui a réalisé « La Treille »). Non, pas de question embarrassante, tout baigne...
 
Dés le départ l'inondablilité est cachée
Et pourtant cette information est chargée de significations.
Petit Rappel: 
Les terrains de l'Orte ont été préemptés pour l'EPFR (Etablissement Public Foncier Régional) à l'initiative du Maire. Alors qu'une "étude de faisabilité" préalable aurait du  être réalisée et présentée au conseil municipal, comme prévu par la convention avec l'EPFR, le maire, interrogé en séance du 19 février 2008, répond  "les études de faisabilité sont en cours". 
Dés ce moment une élue alerte sur le caractère inondable des terrains. Cela ne sera pas pris en considération et les terrains seront acquis par l'EPFR entre mai et juin 2008. L'étude de  faisabilité ? Elle ne sera jamais présentée au conseil municipal. 
Ces terrains sont alors proposés via " un appel à projets " à la « La Phocéenne d'Habitation », qui devait y réaliser 35 logements. 
Mais l'eau n'est pas partie et la " Phocéenne " découvre les problèmes du lieu. Elle fait faire des études de terrain, dépose un permis de construire, qui est retoqué par les services de l'état, se fait octroyer une rallonge financière cet été (2012) par la Métropole Nice Côte d'Azur.  
Et c'est cette entreprise là qui renonce au chantier de « l'Orte » à Levens ?. 
Mais « c'est du lourd » comme disent les jeunes.
Nous avons vérifié. La Phocéenne ne bâtira pas à l'Orte.
C'est du lourd car si cette grosse structure abandonne, ce n'est pas sur un recours d'association « mal intentionnée » ou de riverains « qui ont des intérêts personnels » comme le dit en boucle le maire. Non, elle abandonne parce que le projet est « bancal ». Financièrement, techniquement, ou autre, peu importe, il ne tient pas. Cet abandon confirme une fois de plus que c'est une erreur de vouloir construire là, et la Phocéenne fait preuve de sagesse. 
 On ne dira jamais assez que deux rapports d'expert et un PPRI auront confirmé que l'Orte est une zone inondable. L'une des plus inondables de la commune. Contre le discours du maire, et de certains de ses proches, qui depuis le début, nient cette réalité. Quel désaveu !
 
Rallonge financière, arrangements du PPRI, n'auront pas suffit
Pourtant tout aura été fait, à la limite du raisonnable, pour mettre des immeubles en ce lieu totalement inapproprié.
 
C'est d'abord, lors de la finalisation du Plan de prévention des Risques Inondations, les pressions du maire de Levens... qui aboutissent... Un vrai chantage, que l’on peut résumer ainsi : « Il faut faire des logements sociaux, donc, je fais des logements, là... mais il faut m'aider, pas être trop regardant avec l’évaluation environnementale ... ».
Résultat, en dépit des dangers, des risques pour les biens et les personnes, notamment situés à l'aval, le PPRI est étonnamment adapté, sur insistance de l'élu, au projet d'immeubles.
  •   La zone rouge inconstructible évite soigneusement les parcelles du projet.
  •   Le taux d'imperméabilisation (la surface bétonnée autorisée), qui est de 30 % ailleurs sur la commune en zones de risques, et qui l'était là aussi, est passé miraculeusement à 50%, suite au chantage au logement social fait par l'élu.
 
Mais ça ne suffit pas encore.
Même si, officiellement on minimise les risques, on sait que les travaux seront importants pour respecter ce PPRI là. Enfin, on le sait à moitié. Car quand on connait la situation de près, on ne se lance pas dans pareil chantier. Mais bon, en dépit de toutes les alertes de ceux qui connaissent le dossier, le maire persiste.
Il faut rallonger financièrement l'aide publique? Pas d'interrogations, on y va ! C'est ce que fait le bureau métropolitain à l’été 2012.
Problème, Mme Estrosi Sassonne, rapporteur de la délibération, ne trouve pas utile de fournir aux élus le rapport de l'expert qui décrit la situation hydro-géologique du lieu. Ce rapport est pourtant cité pour justifier une rallonge financière. En réalité sa lecture aurait pu, plus sûrement, éclairer les élus sur l'absurdité de ce chantier. Dérangeant…
La ficelle est un peu grosse, alors la délibération en question est portée devant le préfet pour un « contrôle de la légalité ». Et la réponse du préfet incite à déférer cette délibération  au tribunal administratif, ce qui a été fait, (lire" LA FACE OBSCURE DE L'ORTE ") . 
 
Aides au constructeur, prises de liberté avec les règles environnementales, mais aussi urbanistiques, (nous pourrions continuer, à argumenter, à développer aussi ce qui aurait dû amener à ce que le PLU classe cette zone différemment, en zone naturelle)… Tout cela est énorme, mais n'aura visiblement pas suffit.
 
 DES PROBLÈMES IMPORTANTS, DES OPPOSANTS SOUTENUS
Et pourquoi tout cela n'a t'il pas suffit ?
Soit les opposants à ce projet sont puissants, soit les problèmes de terrain sont très importants. Peut être un peu les deux.
 
 De très nombreuses personnes, des associations, des professionnels de l’agriculture, des élus, soutiennent la démarche de ceux qui demandent une autre finalité pour ces terres. Beaucoup ont signé (sur papier ou sur internet) cette pétition: "Pour-un-retour-des-terres-de-L'ORTE-à-l'agriculture"
 Leurs arguments s'appuient d'ailleurs sur des faits objectifs, des rapports d'experts, des documents officiels (ex : la carte des terres arables versée au PLU, où l'Orte figure). Et il y en a un peu plus chaque mois, comme cet abandon là. 
Car enfin, l'abandon par la Phocéenne, après les rapports négatifs de l'expert, après les prescriptions du PPRI (critique malgré les pressions), c’est un fait objectif et significatif. Il faudrait être abruti pour penser autre chose. Il faut prendre deux secondes de réflexion. Ca fait beaucoup d'éléments quand même.
 Regardons par exemple ceux qui devaient les faire ces immeubles : la « Phocéenne d'Habitation ». Ce n'est pas une petite entreprise qui jette l'éponge. C'est un groupe qui gère 24 000 logements en Provence Alpes Côtes d'Azur, (lire ICI) qui vient de terminer, les 5 logements de la Treille, et qui est bien implanté dans les Alpes Maritimes (et encore ICI)
 
UNE PERSISTANCE COUPABLE
Si la Phocéenne a apparemment choisi de se sortir de ce "bourbier", le maire, lui, n'en tire aucun enseignement. 
 Le fait pourtant est d'importance, mais c'est sans tambour ni trompette, qu'on apprend, tout à fait furtivement, qu'à l'Orte ce serait dorénavant la Logirem qui serait en piste et qu’elle devrait y réaliser 25 logements. L'info se trouve dans les éléments remis à la presse ce jour là, lors de l'inauguration de la Treille, à la mi-janvier 2013. Les communicants la reprennent tous, dociles, sans explication. On la trouve dans Nice Matin, sur le site officiel de la mairie, et dans une gazette "Avenir Côte d'Azur" . 
Ah bon ? Si l'on comprend bien, ce qui n'était pas possible, pas rentable pour un opérateur le deviendrait pour un autre ?
Et quand le maire raconte, lors de l'inauguration des cinq logements de la Treille, qu'un nouveau permis sera déposé, conforme au PPRI et au PLU, ça fait sourire: parce qu'il pourrait ne pas être conforme ? Deux mots encore sur le PLU et le PPRI. Les irrégularités sont telles, qu'ils sont déférés au tribunal administratif. 
 
Décidément que d'âneries n'aura t’on entendu sur ce secteur. Si nous avions  du temps, nous rependrions tout ce qui a été dit sur l'Orte depuis quatre ans. D'un côté la colonne des déclarations du Maire et de ses complices, de l'autre celle des Perdigones. Edifiant…
 Mais bon, il y a plus important que l'entêtement d'un élu qui se discrédite tout seul. Beaucoup d’argent public a été gaspillé, argent dépensé en communications, en études, en mobilisation de personnels etc. Et il est visiblement prévu d'en dépenser beaucoup encore.  Oui, la persistance dans l'erreur a un coût.
 
 Reste que pour qu'un projet soit" rentable"(?)  par la Logirem ou un autre, il faut remplir au moins trois conditions :
Ø  Obtenir de très très grosses subventions publiques,
Ø  « Tirer » sur la qualité du produit
Ø  Et éviter à la fois les remontés d'eaux, les résurgences, et les venues d'eaux de versant.
La première condition est éventuellement possible,
La seconde, immorale,
Quant à la troisième, à vous de juger...
Sans parler bien sûr de la conformité juridique aux règlements, textes environnementaux ou urbanistiques.
 
Faudra t-il, parce que la crise du logement est grave, permettre n'importe quoi, n'importe où ? On doit respecter la loi SRU sans pour autant sacrifier les données environnementales. On doit la respecter en menant une politique bien pensée de prévention des risques. A Levens, ce n'est toujours pas la voie choisie.

 

Publié dans Logement

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Yves 18/03/2013 12:05


Espérons que devant l'urgence des problèmes de logement, le gouvernement ne va pas tomber dans le panneau du n'importe quoi, mais rien n'est moins sûr (voir Le Monde,
1//03/2013, "Logement : baisse de la TVA et recours aux ordonnances envisagés"), en cédant aux professionnels de l'immobilier.  Pour accélérer la rénovation et la construction des
logements sociaux, ces derniers réclament rien moins qu'une simplification des normes et un frein aux "recours abusifs".  Dans un tel contexte, on a vite fait de mélanger ceux qui
ne veulent pas que les pauvres s'installent à leur porte avec ceux qui veulent que les logements sociaux soient construits en des lieux appropriés, et en tous cas ailleurs que sur des terres
agricoles, ailleurs que dans des zones potentiellement inondables, et ailleurs que là où on l'on condamne leurs occupants à gaspiller tous les jours des heures de transport
domicile-travail-domicile au détriment de leur vie de famille.

COLLET 18/03/2013 08:14


Quels sont les partenaires-actionnaires de "la logirem"? Pour "Habitat 06" , partenaire dans l'aménagement de l'ancienne gendarmerie de Levens en logements sociaux,, DEXIA était
partenaire! Alors! Non seulement nous finançons les larges suventions octoyées par le Conseil Général à ces organismes dans des montages financiers " Partenariat public privé" financiers, pompes
à fric public, mais nous finançons également le goufre financier que représente la survie de DEXIA.Cher, cher à l'arrivée!!! Que les logements sociaux conqtruits aux bons endroits soient un
financement purement public! Ce seront de vrais logements sociaux, moins chers et qui rapporteront aux collectivités!