Levens (06) le festival alimen'terre censuré

Publié le par les perdigones

 Pas de salle municipale pour le festival Alimen'terre , pas de lieu public pour l’AMAP de Levens. Le maire de Levens (Antoine Véran UMP) vient de prendre ces décisions. Point commun à ces mesures, elles sont censées toucher de près ou de loin l’association « les Perdigones ».
 
Deux demandes officielles.
  • L’une émanant de l’association « les Perdigones » co-organisatrice avec 30 autres associations, du festival Alimen'terre.  ( lire la demande)
  • L’autre venant de l’AMAP de Levens qui demandait un lieu public, 1 heure par semaine, pour la distribution des légumes de ses membres. (lien) 
À toutes deux le maire a fait faire une réponse identique par son adjointe: Non, aucune explication, aucune raison avancée.  
  •  lire la réponse faite aux Perdigones, pour le festival Alimen'terre
  • lire celle faite à l'Amap de Levens (lien)
    
Les Perdigones,visées,
 
Ces mesures ont un point commun. Elles sont censées toucher de près ou de loin l’association « Les  Perdigones »
L’idée de L’AMAP de Levens est née précisément lors du précédent festival Alimen'terre,  (en novembre 2010). Que faire des terres inondables de L’Orte ? Comme cela est décidé dans le cadre du projet d’aménagement de la plaine du Var (OIN) pour les espaces soumis au risque inondation,  elles pourraient retourner à l’Agriculture. Et pourquoi pas une AMAP pour pérenniser la relation entre l’Agriculteur et les habitants? L’idée de jardins partagés avait été aussi avancée.
L’AMAP est ainsi née, mais pas sur les terres de l’Orte, car le maire veut toujours les bétonner, avec un agriculteur de la plaine du Var qui a contacté l'association pour tenter cette aventure avec les levensois intéressés, en attendant qu'à Levens cela soit possible.
Depuis, l’Amap vit sa propre vie, indépendante des Perdigones, les amapiens s'organisent et d'autres producteurs l'ont rejointe. Il lui appartiendra de réagir si bon lui semble.
 
Le Festival Alimeterre est un grand moment de solidarité. Solidarité avec ceux qui ont faim, et avec les paysans du monde. La société civile d’un pays comme la France aide à la prise de conscience des problèmes de la Faim dans le monde. Elle montre en quoi nous pouvons agir ici près de chez nous, par nos achats, par le soutien à l’agriculture de proximité etc.
programme-page-1-BD.jpg     Voici le programme du festival  
Nous n’osions pas imaginer que les difficultés du premier magistrat le conduiraient à pareille attitude, d’autant que nous faisions appel au soutien de la municipalité. C’est pourquoi dans la programmation officielle lancée sur tout le département et envoyée aux « parrains de la manifestation », la journée de Levens est prévue pour être une grande et belle journée.
 
Pourquoi tant de haine ?
 
Interdiction sans motif, mais pas sans raison.
Examinons les raisons objectives et impartiales  qui auraient pu justifier une telle réponse. Il y en a deux, atteinte à l’ordre public et pas de disponibilité des salles.
Les salles publiques sont au nombre de quatre sur la commune. Nous en avons demandé une (en laissant au choix deux possibilités). Au moment de la demande ces deux salles étaient libre .
Atteinte à l’ordre public ? Rien de toutes les activités de l’association ne peut laisser penser à cela. Au contraire lorsque avec trois autres associations de la commune elle organise une manifestation qui rassemble trois cent personnes sur un défilé sur route de plus de 3 km, elle assure avec les autres co organisateurs la sécurité . Et tout se passe bien.
Lorsque, l’an dernier, une visite des lieux de l’Orte est organisée pour la presse et les élus, le maire envoie deux voitures de gendarmes au lieu de rendez-vous. De quoi impressionner et énerver. La manoeuvre fait flop. Dans le calme et la bonne humeur (malgré la pluie) la presse fera son travail et André Aschieri vice-président du conseil Régional PACA (qui a son mot a dire sur le dossier) se rendra compte par lui-même de la problématique.
L’association est considérée pour son sérieux... Elle est invitée à des séances de travail à la Communauté Urbaine de Nice Côte d’Azur. C'était l’an dernier, sur la biodiversité, c'est encore le cas cette année, où elle a participé pendant trois jours aux ateliers qui se tenaient dans le cadre de la concertation de l’OIN "aménagement de la plaine du var".
Son sérieux est repris sur Wikipédia (page Draguignan), lorsque nous signalions que les inondations de l’an dernier n’étaient pas les premières et que les zones construites se situaient pour une bonne part en zone inondable.
Sérieux aussi quand nous prenons le relais du collectif du Var « non au gaz de schiste » pour populariser dans les Alpes-Maritimes le périmètre du permis dit "de Brignoles" qui touche aussi une bonne part de ce joli département du 06.
Nous avons déjà utilisé les salles municipales, l’an dernier pour le festival Alimen'terrre, ou pour nos assemblées générales. Il n’y a jamais eu aucun problème.
 
Pas de raisons objectives, pas de raisons avouées, à ce refus, alors reste ce qui est inavouable.
Pour comprendre il faut examiner ce qui s'est passé depuis quelques temps.
 
Il s’est passé deux choses fondamentales.
  • La première c’est que le permis de  construire des immeubles à L’Orte n’est À CETTE HEURE toujours pas accepté. Et ce n’est sans doute pas pour faire allégeance aux Perdigones, c’est parce qu’il y a des éléments qui conduisent à se préoccuper très sérieusement de la question de l’eau sur ce secteur. Nous allons revenir très prochainement sur cela.
Le maire a caché la réalité du lieu à tout le monde (à ses collègues de la communauté urbaine compris)
Lorsqu’on suit de très prés un dossier comme celui-là, on s’aperçoit que les gens, les élus n’ont pas le temps ni l’envie de rentrer dans les détails, de vérifier tous les dires. Cela Antoine Véran le sait et il en a abusé.
Manque de pot, le dossier est sérieux et il a à faire à des gens qui vérifient tout. Et qui sont tenaces.
Ainsi quand il déclare, il y a deux ans à la communauté urbaine, « ces photos sont anciennes, depuis les problèmes sont réglés, et puis il y a le vallon qui est parfaitement calibré pour recevoir les eaux », comment ses collègues et amis peuvent-ils envisager de mettre en doute le maire de Levens, Vice-Président de ladite communauté (voir notre article "L'Orte à la Communaité Urbaine Nice Côte d'Azue, un vote aveugle ")  .
Il est normal qu’ils lui fassent confiance car ils n’ont pas que ce dossier à traiter.
Sauf que c’est faux, les services de l’état qui font leur travail réagissent: ils suspendent le permis.
Sauf que l’hydro géologue pourtant nommé par le constructeur ne permet pas au maire de chanter sur tous les toits « que les problèmes sont réglés »,
Sauf qu’une étude complémentaire est en cours dans le cadre du PPRI (Plan de Prévention des Risques Inondation) sur tout le bassin versant qui comprend l’Orte.
Sauf que tout le monde se rend compte de la réalité de ce dossier, différente de ce qui était annoncé.
Alors le maire enrage et utilise son pouvoir pour censurer deux films et deux débats et quelques autres petites animations.
  • La deuxième chose qui fait enrager le maire, c’est l’adhésion de ses concitoyens, à une agriculture vivrière de proximité.
Chacun pense ce qu’il veut des AMAP et de celle-ci en particulier, mais constatons que simultanément à sa création, est apparu un stand de vente devant le SPAR le samedi matin, (tenu par un agriculteur local qui a le maraichage pour activité secondaire, et c'est tant mieux s'il développe cette activité là), puis un autre stand, le mardi et le jeudi matin, par une autre productrice qui ne cultive pas sur la commune, et cherche des terres pour le maraîchage à Levens, et cela aussi c'est positif.
Constatons, que profitant de cet engouement, une entreprise commerciale de distribution/revente de légumes s'est lancée ( " Les paniers de S..." ). 
Constatons que toutes ces initiatives (sauf l’AMAP) bénéficient de soutien logistique promotionnel de la part de la commune, pendant que l’AMAP se voit refuser un lieu une heure par semaine.
 
Comme ailleurs en France, la relocalisation des activités rencontre le succès. Et c’est bien de devancer les problèmes à venir (énergétiques, économiques).
Souvent ces initiatives sont aidées par les élus, tant les gens qui les mettent en œuvre transcendent les clivages habituels, tant il s'agit d'intérêt général.
 
Mais à Levens la perle vient de ce qu’il est convenu d’appeler les «zones agricoles  prévues au PLU »
Et voici en image, les zones dites "de paturages", s'agit-il de vertes prairies ? Non, ce sont des rochers et des cailloux,   cliquer sur les images pour les agrandir
Arpasse 470
Arpasse 486
 
Et voici une zone constructible: des rochers et des cailloux ? Non, une zone d'anciens potagers avec de l'eau en quantité: l'Orte.  cliquer sur l'image pour l'agrandir
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Le maire, en faisant passer les zones naturelles et les zones de parcours des troupeaux en zones agricoles, cherche à réussir deux choses.
  • Il veut faire du chiffre. Avec les mêmes critères que ceux de Levens, le département des Alpes-Maritimes gagnerait des milliers d’hectares de "zones agricoles" (sic), sans que rien ne change du point de vue des produits et des productions !
  • Il veut favoriser les constructions, car il sera possible de construire en "zone agricole" jusqu’à 1000 m2 de surface au sol de bâtiments.
Les temps changent
Voilà pourquoi « les Perdigones » gênent. Voilà pourquoi il faut les censurer, rendre la vie de l'association, ses activités, plus difficiles.
Évidemment l’association n’en restera pas là et décidera avec ses membres des suites à donner.
 
D’une façon plus générale il est quand même intéressant de noter que sur des questions qui touchent à l’intérêt général (constructions, risques, relocalisation d’activités, argent public etc.), le choix est: "on discute avec vous si vous êtes d’accord avec nous, sinon taisez-vous, disparaissez..."
Ouai, il y en a qui n’ont peut être pas encore compris l’époque ou qui se raccrochent à des réflexes du passé, tant pis pour eux.
Ce qu’il y a d’intéressant dans la période, c’est tout ce qui est en train de naître, des citoyens se prennent en main, expliquent, informent, agissent.
Ça ne vous plaît pas M. le Maire ?  Ils vont en faire beaucoup plus. Notre idéal n’est pas de vous embêter, nous voulons seulement jouer notre rôle d’association au service de quelques convictions humanistes et de la population. Bénévolement en ce qui nous concerne…

Publié dans société

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Les Perdigones 19/10/2011 23:12



Merci à tous les encouragements et aux soutiens qui se sont déjà manifesté.


Chacun a bien compris que ce qui est enjeu, c'est la liberté d'expression et le refus de la discrimination.


Et que pour ces enjeux là nous ne sommes pas prêts à laisser faire.


 


 



baptiste 19/10/2011 18:10



Effectivement, comme vous l'avez bien expliqué, le passage de zones de pâture en zones agricoles est une stratégie qui est en train d'être employée par de nombreuses municipalités pour justifier
de la présence de terres agricoles en quantité suffisante dans leurs prochains documents d'urbanisme (un grand nombre de communes se dotent actuellement d'un Plan Local d'Urbanisme).


C'est une supercherie car la valeur agronomique d'une zone de pâture n'a généralement rien à voir avec celle d'une terre agricole (= arable, cultivable) !


A nous citoyens de dénoncer ces "transferts" sacrifiant les meilleures terres des communes, au cours des enquêtes publiques.


Concernant la lettre de refus de la municipalité, l'absence de motivation a le mérite de clarifier les choses : c'est un refus politique. Je ne suis pas juriste, mais il me semble que c'est
attaquable au tribunal administratif, ce courrier constituant une pièce de choix...


 



fabrice 17/10/2011 11:24



Bonjour


c'est le moment d'inonder de courriers la municipalité.


Donnez des infos sur la suite, on sera avec vous.


Est-ce qu'il serait réaliste de faire cette fête sur le terrain de l'òrt?


bon courage


à+