LEVENS (06) LE PLU DANS LES MUNICIPALES

Publié le par les perdigones

     Le PLU largement contesté est au cœur des débats de la campagne électorale. Retour sur le terrain et les zonages et sur quelques élucubrations du maire et de ses proches.
       Lorsqu'on a montré les cartes du PLU (Plan local d'Urbanisme) à un cabinet d'avocats spécialisés, ils se sont mis à rire.
       La première chose que l'on fait lorsqu'on examine un PLU est simple : on regarde le tracé des zones. Et leur logique. Et ici l'on voit immédiatement que tel trait quitte la route pour valoriser une parcelle, que tel autre fait un détour pour soigneusement handicaper telle autre.
 
Le maire a tracé le trait des zonages
       Mais qui trace ce fameux trait qui passe là et pas ailleurs ?
       Le maire A. Véran s'est toujours vanté en disant que c'était son œuvre. Et il a raison, c'est son bébé. C'est d'ailleurs ce que confirme un courrier envoyé aux associations, l'été 2012, par Christian Estrosi, président de la métropole Nice Côte d'Azur.
       Ceux qui se sont intéressés au dossier savent que des associations et des particuliers ont considéré qu'il y avait des « irrégularités, des erreurs manifestes d'appréciation ». Devant le refus de tout dialogue, il ne leur est resté que la possibilité de déférer ce document d'urbanisme au Tribunal Administratif de Nice.
 
Démonstrations à partir de faits, ou calomnies sans preuves
      Mais pourquoi reparler de cela maintenant ? Tout simplement parce le sujet du PLU est revenu dans les débats à l'occasion des élections municipales. Et encore une fois il a été l'occasion de calomnier ses opposants en pleine campagne électorale.
      Alors les calomniés répondent. Mais pas avec du bla. bla. ou des insultes. Non ils répondent en démontrant, exemples à l'appui. Ils montrent des faits.
      Ils montrent une zone constructible et construite tout autour qui devient naturelle. Elle appartient à l'un des opposants.
      Ils montrent qu'une zone naturelle boisée, en pente devient, au PLU, constructible. Elle appartient à un très proche de ce Maire qui a tracé les traits.
      Ils le montrent dans un tract distribué à toute la population.
PLD n°5 mars 2014 page 2 100 ppi
      (cliquer sur l'image pour l'agrandir)
 
DE NOMBREUX EXEMPLES
       Ces deux exemples ne sont pas les seuls. Des traits qui vagabondent et rendent naturelle telle zone, ou constructible telle autre, il y en a d'autres. Et à chaque fois ils ont été guidés par autre chose que la logique de terrain. Nous l'avions souligné avant le début de l'enquête publique du PLU ( voir notre article LEVENS (06) UN P.L.U MAL ENGAGÉ?)
       Alors quand on lit que les associations qui attaquent le PLU sont des « associations à but plus que personnel » (Propagande de Vivre Levens) ça nous fait penser à ce que disent les enfants « c'est celui qui dit qui est ».
       Donnons des exemples.
       Des parcelles construites qui passent en naturelles il y en a à la Gorghetta, à Fuon de Mel, au pied du village etc.
       Puis le contraire, des zones qui sans aucune raison objective se transforment. Les zones naturelles oliveraies, inconstructibles, deviennent en certains lieux, zone agricole (avec possibilité de construire jusqu'à 1000 m2 au sol sur 13 m de haut). Mais pas partout, et pourtant les oliviers sont les mêmes. Plusieurs exemples : Sainte Pétronille, Les Millians et Porte Rouge, pour ne citer que les plus marquants.
       Et l'on peut continuer longtemps.
       Par contre lorsqu'on lit «  la vérité sur le PLU » de la part de Vivre Levens (l’équipe du maire candidat), on ne trouve qu'insultes, absence de démonstration et mensonges.
 
LA VÉRITE SUR « LA VÉRITÉ DU PLU »
       L'essentiel de leur propos porte sur le bétonnage de la commune : les opposants auraient trompés leur monde… il n'y a pas eu « d’augmentation effrénée de la construction »…
       Pas d’augmentation effrénée, c'est vrai pour l'instant. Il y a trois explications à cela:
  • La crise (le phénomène est identique partout) ne favorise pas la construction.
  • Ce qui se cumule sur Levens avec des centaines de logements à la vente (qui ne trouvent pas preneur). L'attractivité de la commune baisse pour de nombreuses raisons.
  • Et surtout toutes les grosses opérations à venir ont été gelées ou cachées en cette période électorale. Mais le potentiel de constructibilité existe bien et les projets sont dans les cartons.
      Ainsi a-t-on appris au dernier conseil municipal qu'un projet de plus de 110 logements était prévu au quartier des traverses (à la cave coopérative). Et que les terrains, biens communaux, seraient offerts gracieusement aux opérateurs.
        Le Potentiel de constructibilité qu'offre le PLU permet en effet de grosses opérations comme celle -ci (il ne s'agit plus de bâtir quelques villas par ci par là). Et c'est cela qui modifiera profondément la commune. Le maire le veut mais ne veut pas l'assumer.
 
CONSTRUCTIONS PLUS HAUTES,
AUCUNES RESTRICTIONS
SUR 2/3 DES ZONES CONSTRUCTIBLES 
       Pour appuyer sa démonstration Vivre Levens donne des chiffres. On passe sur l'inflation des hectares des zones agricoles dont une bonne part n’est faite que de cailloux (voir nos articles précédents) mais attardons nous sur ce qui est le summum des mensonges:
« 330 hectares soit seulement 11 % du territoire communal sont en zone urbaine, dont 266 hectares situés dans les quartiers extérieurs où la superficie minimum requise pour que le terrain soit constructible est de 1 200 m²» (nous citons mot pour mot).
       330 hectares en zone urbaine, oui, mais c'est la seule chose de vraie dans cette phrase, le reste est faux
  
       1°  Le pourcentage des zones urbaines rapporté à la surface de la commune, cela n’a aucune valeur de comparaison. Notre commune est vaste et constituée pour sa plus garnde partie de montagnes, de gorges, de forêts et de pâturages (Férion, l’Arpasse). C’est comme si on rapportait la surface des villes des Alpes Maritimes à la surface du département (en comprenant le massif du Mercantour), pour dire que nous sommes un des départements les moins urbanisé de France…
 
       2° Certaines zones classées naturelles au PLU comportent en réalité des constructions qui ont été « ôtées » du zonage urbain. Sans compter nombre de parcelles où des permis ont été accordés à la va vite juste avant l’approbation du PLU. Dans les deux cas, c’est un tour de passe-passe qui fait gonfler le chiffre des zones naturelles, en rajoutant quelques hectares qui n’ont plus rien de … naturel.
 
       3° Contrairement à ce qui est avancé par Vivre Levens, dans le PLU seules 1/3 des zones urbaines (et non les 2/3) demandent une superficie minimum de terrain de 1 200 m2 pour construire (le chiffre est de 111,16 hectares précisément). Sont concernés les quartiers les plus « extérieurs ». Et dans ces quartiers des « écarts »,  on peut dorénavant construire plus (15 % de la surface du terrain au lieu de 12 % auparavant, sans compter les zones naturelles devenues constructibles)
 
       4° Ce que Vivre Levens cherche à cacher c’est que pour tous les autres quartiers, soit les 2/3 des  zones constructibles (près de 220 hectares)
  • le PLU permet dorénavant des constructions sans surface de terrain minimum. (Auparavant il fallait une surface minimum de 800 m2 pour les zones résidentielles).
  • Il augmente les hauteurs permises :
  - Auparavant de 7 à 9 m, elles passent dans beaucoup de secteurs résidentiels de 9 m à 11 m. Soit un étage de plus.
  - Elles montent ailleurs jusqu’à 12 m (zone de la Cumba et de la Fanga) ; 13 m (autour des écoles primaire et maternelle, de la salle du Rivet et du centre des lauriers roses) ou même 18 m (Plan du Var).
  • Il augmente le coefficient de constructibilité, les droits à construire qui était auparavant en général de 20% de la surface du terrain dans les zones résidentielles, passent :
  - à 40 % (soit le double) pour toute la partie à droite de la RD 19 et des Grands Prés, depuis le prés des Cavaliers jusqu’à la chapelle de Ste Claire,
  - à 70 %, voire 100 %, pour les Traverses, et le secteur de la coopérative.
  - Et il n’y a plus de limites pour le Village, le secteur des écoles, de la salle du Rivet, des Lauriers Roses et Plan du Var.
 
  • Ce PLU permet des capacités énormes de constructions qui n'ont rien à voir avec les besoins locaux.
  • Ce PLU a délimité les différentes zones (constructibles, agricoles, naturelles etc.) selon des critères qui sont loin d'être incontestables
 
Voilà des éléments vérifiables.
 
Un autre point incontestable c'est l'engagement de la liste "Levens pour Tous" de le modifier.

 

 

 

      

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Jean 21/03/2014 15:27


Analyse très forte; mais qui ira regarder dans le détail comme vous le faîtes. Le maire lui surfe sur autre chose, il balance un projet (le Rivet) sur lequel il a fait travailler des architectes,
et qu'il présente comme presque là. C'est ce que j'ai vu sur Nice matin, sur le site de la commune et dans ma boîte aux lettres ce matin.


Peu importe qu'il le fasse ou que plus tard il invoque la crise , les difficultés etc. les gens veulent y croire. Son bilan n'est pas terrible mais avec ce soi disant projet il peut retourner une
partie de la population; ceux qui ne connaissent ni le personnage , ni comment il exerce son pouvoir