Levens (06) UN P.L.U À LA CONVENANCE DE LA COMMUNAUTÉ URBAINE DE NICE (NCA)

Publié le par les perdigones

        

 

À minima....

         C’est ainsi qu’a été associée la population de la commune de Levens dans les différentes phases d’élaboration du Plan Local d’Urbanisme.

         Résultat, tant la démarche que l’évolution présentée de la cité, recueillent essentiellement des avis critiques et désaprobateurs.

         Peu importe,  ce vendredi 21 janvier la Communauté Urbaine de Nice Côte d’Azur va discuter du PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durable)….de Levens... (voir la délibération 9-2)

 

         On prend le pari. Le débat qui aura lieu à la communauté urbaine de Nice Côte d’Azur va écarter les nombreuses critiques émises par la population. Il va se glorifier des terres agricoles pas encore stériles alors que de 142 hectares en 1988, il n’en reste même pas 40 aujourd’hui.  Qu'importe que les dernières rares « terres arables », celles des quartiers de l’Orte, de la Madone et alentour, soient programmées à l’ urbanisation selon les orientations du PADD pour le futur PLU . Gageons qu’il y sera question de « développement durable » ,mot vide de réalité, car ce qui est préparé, c’est le devenir ville dortoir, de cette belle commune verte située à 20 km de la capitale azuréenne.

 


UNE ÉQUIPE MUNICIPALE LEVENÇOISE

QUI VA AU DEVANT DES DÉSIRS DE NICE

 

         Ils savent faire.  « Ils », ce sont les responsables politiques, en charge des affaires de la cité depuis une vingtaine d’années. Ils savent ne pas parler des projets impopulaires avant les élections. Cela s’est produit déjà à deux reprises. D’abord, lors de l’intégration de la commune dans la Communauté d’Agglomération de Nice (fin 2001). Puis même démarche, lors de la transformation en Communauté Urbaine (fin 2008) . Et là, on attend l'après des élections cantonales, pour activer le passage en Métropole d’une majeure partie du département des Alpes Maritimes.

         Si l’on évoque ces étapes de la re- centralisation (autour de Nice, ville capitale), c’est que ces étapes vont de pair avec un éloignement croissant des citoyens des centres de décision. Ils y gagnent quelques aménagements de leur commune (souvent contestés), mais ils y perdent la maîtrise de leur devenir.

        

        Le processus engagé préalablement à l’approbation du Plan Local d’urbanisme est en tout point remarquable de cette dépossession.

        En plus de cet éloignement de type « administratif », les populations de Levens ont contre elles leurs élus locaux décisionnaires, qui, non seulement ne font pas obstacle aux désirs de la ville capitale, mais pire, vont au devant.

        Ainsi une partie du développement de Nice se fera à Levens. Au risque de se tromper gravement.

        On constate même que, vu d’un cabinet de Nice, les contradictions ne comptent pas.

        Exemple: que pèsent les quelques rares « terres arables » à l’Orte, à la Madone et alentours, identifiées comme telles par les documents ? Rien, puisqu’elles sont aussi identifiées comme zones à urbaniser de façon dense. (voir notre article "PLU DE LEVENS : Vers la disparition des "terres arables")

         De très nombreux habitants soulignent cette contradiction et s’en offusquent.

         Que le PPRI  ne soit pas adopté justement parce qu’il y a des problèmes d’eau à l’Orte, qui est le long de la RD 19 importe peu. On a décidé d’urbaniser le long de la Rd19.

         Que cette route soit décrite comme étroite, accidentogène, sans trottoir, ne compte pas non plus.

         Alors que partout en France on évite dorénavent les "villes-rues", à Levens, l'aggravation du risque dû au charroi de camions qui emprunte en permanence la rd 19 et traverse la commune (pour rejoindre le site de concassage et la déchetterie), ne sera pas plus pris en compte.

 


LA POPULATION ASSOCIÉE ?

 

        Associée à minima pour ne pas être en dehors de la loi. Donc, des groupes de réflexion, de travail sont constitués au cours de l’année 2009. Le maire choisi les responsables de groupes, qui déterminent les personnes qui vont travailler avec eux.

        Dans cette étape, des gens de l’opposition, ou qui se revendiquent en désaccord avec la municipalité, acceptent malgré tout de participer.

        Mais cela n’est pas sans problème. Un exemple: dés cette étape, le groupe n° 4 « village –environnement-prospective foncière–agriculture » demande que la population soit associée, sollicitée. Que des démarches (lettre aux habitants, affichage), des facilités (l’installation de boites aux lettres communales dans les quartiers par exemple) soient faites. Avis négatif ;

        On fait le minimum. (voir la contribution à la "concertation" de décembre 2010 d'un des participants de ce groupe)

        Le travail qui émanera de ce groupe sera d’ailleurs remis en cause.

       Ainsi,  prediagnostic-aout-2009_Page-1-Bd.jpgen préambule (page 3) du document élaboré et non rendu public (voir l'intégralité du document "pré-diagnostic août 2009"), il est écrit: « la contribution du groupe n°4 –« Village -Environnement- Prospective foncière –Agriculture -a été révisée et des modifications ont été apportées sur les points ayant reçu l’accord du responsable du groupe. Cependant, la personne en charge du pré-diagnostic et ses consultants ne s’associent pas au contenu du groupe n°4 qui en a résulté ».

         Il est clairement dit, que lorsque les travaux ne vont pas dans le sens du cabinet de consultants au service des choix pré-determinés, il n’est pas tenu compte de ce travail.


         Dans le cadre de l’élaboration du PLU, une réunion publique est obligatoire. Elle a lieu le 9 décembre dernier (2010). Une trentaine de personnes y sont présentes. Très vite elles comprendront qu’il ne s’agit pas de concertation, mais de présentation. On présente quelques éléments. A ceux qui voudront intervenir, critiquer, proposer, il sera répondu, « vous n’avez pas de légitimité pour parler au nom de la population, la concertation a eu lieu » (Ndlr avec les groupes qui ont travaillé au pré diagnostic - sic -)

 


LES REMARQUES DE LA POPULATION: TRÈS CRITIQUES

 

         Dans la salle du conseil municipal, pendant quinze jours, en décembre dernier, une exposition de douze panneaux est à la disposition du public. Un registre consigne les remarques de la population. il est question de "concertation" sur le diagnostic du PLU et les orientations du PADD.

         Une soixantaine d’avis seront portés sur le registre. Excepté un, ils sont tous négatifs. Et pas négatifs pour être seulement contre. Non ils sont argumentés, très argumentés.  

          Toutes les interventions notent, « le caractère contradictoire des documents » et "l’éloignement du terrain ", des propositions faites par « les décideurs urbanistes ».

         Ainsi l’association ADSLevens note « Ont-ils (NDLR les décideurs) aussi tenu compte des remarques émanant du remarquable travail fait par les commissions du pré -diagnostic où il était bien stipulé, avec un débit journalier actuel de 1846 véhicules, que l’analyse des comptages de véhicules montre qu’il est possible que les RD 19 et RD 14 soient bientôt saturées ».

          Oservation opportune, qui ne tient compte que des véhicules légers dans le seul sens Tourettes-Levens vers Levens. Il faut y rajouter les véhicules légers dans le sens Levens- Tourettes, soit 1918 véhicules légers/jour + les poids lourds, (70 dans un sens et 66 dans l'autre) soit au total une moyenne de 3 900 véhicules/jour. (voir p8 du pré-diagnostic), Sans compter les bus, ni que le nombre de véhicules s'est encore intensifié depuis le comptage.

          Gérard TRIPOUL qui a participé à la commission n°1 - voirie-stationnement-déplacements- fait remarquer que « le bureau d’étude n’a pas pris en compte ces éléments  »  ,soulignant les lieux accidentogénes comme la RD 19 et Plan du Var.

          Peu importe, l’urbanisation prévue est le long de la RD19.

          Ainsi Auguste Guglielmazzi, responsable du groupe 4, qui écrit « Des groupes de travail, dont les responsables ont été nommés par Mr le Maire, se sont efforcés de faire un état des lieux. Trois mois de travail et de réflexion sont totalement ignorés par les rédacteurs du PADD ». (lire sa contribution) 

          

 

URBANISATION EN FLECHE, EMPLOIS À L’EXTÉRIEUR

= VILLE DORTOIR

 

         Il y a plus de 30 contributions de levensois qui se déclarent contre ce PADD, parce qu’elles refusent « l’urbanisation à outrance ».

         C’est que les habitants savent à quoi s’en tenir, au niveau des prévisions d’augmentation de population. Toutes celles qu’on leur avaient faites se sont révélées fausses, et pas d’un peu. L’augmentation a été le double de celle prévue. Ainsi « Levens est la commune de la communauté Urbaine qui a connue la plus forte augmentation de population » dit un document du PLU. « Levens voit sa population augmenter 5 fois plus vite que celle de Nice Côte d’azur »

         Quand on prévoit 500 logements de plus d’ici 2025,  les levensois comprennent 1000. Ils comprennent aussi qu’on a changé d échelle et que désormais les immeubles vont fleurir.

         La commune est vaste. Sa superficie de 2985 hectares constitue « les réserves foncières de la Communauté Urbaine ». Et les projets à venir ne s’embarrassent pas de quelques lopins « de terres arables ». (voir la contribution des Perdigones) auquel était joint nos "propositions agricoles pour l'Orte" .

         Et ce ne sont pas quelques oliveraies préservées, ou encore une surface agricole nouvelle prévue à la place des arbres au dessus de la nouvelle gendarmerie, qui changeront la donnée de fond: Levens ne prévoit pas de renouer avec une agriculture de subsistance, le maraîchage. Ce que déplorent les levensois, alors qu'il est question d'alimenter les cantines scolaires avec l'agriculture de proximité . (voir cette contribution d'une grand-mère d'élève).


         Pas d’agriculture (ou si peu ), mais pas d’emplois non plus.

         Aujourd’hui les trois quart de la population active exerce à l’extérieur de la cité.

         « S’il était possible de se loger à prix modérés à proximité de son emploi(ce qui est le souhait d’une majorité de français- et l’on ne voit guère pourquoi il en serait autrement dans notre région) les besoins en logements (sociaux ou  non) seraient considérablement réduits, à Levens comme dans les communes comparables. » note Y.G.  

         « Cet état de fait engendre des conditions de vie dégradées pour les habitants (heures de vie familiale gaspillées en transports), des contradictions avec les objectifs du SCOT (comment « renforcer la cohésion sociale » en rejetant les logements sociaux à l’extérieur des centres urbains ?) et des contradictions avec les objectifs du Plan de Déplacement Urbain (aggravation automatique des besoins en transports, en l’occurrence sur la RD 19) ».  (lire sa contribution intégrale)

         Que faudrait-il faire pour s’opposer à cette évolution ?  « pratiquer une autre politique foncière sur la zone littorale ». 


         Ce n’est pas le chemin qui est pris. Et comment s appelle une commune qui grandit, mais sans avoir les emplois qui correspondent ? Une ville dortoir.


         La Communauté Urbaine de Nice ne voit Levens que comme une terre à bâtir. On en a eu la preuve lorsque la densification du lieu dit l’Orte est venue à l’ordre du jour en décembre 2009  (article "L'Orte à la Communauté Urbaine de Nice, un vote aveugle" ). Peu d'élus connaissaient ce dossier et le maire de Levens, complice, a raconté nombre de mensonges.  Peu importe la majorité a voté comme un seul homme.

          Vendredi, gageons qu'elle continuera à « moutonner », contre l'avis des habitants.


         Mais tout ne sera pas clos là. Reste encore l’enquête publique avec commissaire enquêteur cette fois, et l’approbation du PLU.

         Et puis en route vers la Métropole au service de Nice. Babylone ? (lire cette autre contribution). À moins que les populations ne l’entendent pas ainsi…

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19/01/2011 08:42



Et pendant ce temps les cantines bio sont obligées de se fournir à l'étranger. voir l'info là


http://www.bastamag.net/article1375.html



les perdigones 19/01/2011 10:20



C'est bien pour cela qu'il est urgent que non seulement l'agriculture de proximité ne régresse plus, mais au contraire qu'elle se développe. Seules des décisions fortes peuvent le permettre et
malheureusement pour le moment le PLU de Levens, comme dans trop d'autres communes (Nice par ex) prend le chemin inverse. D'autant que l'agriculture bio de proximité, c'est le respect des
personnes, des sols, des paysages, la développer c'est là un vrai choix d'avenir pour reparler de "développement durable".