NOTRE PART DU COLIBRI

Publié le par les perdigones

      Voilà bientôt quatre ans que ce blog livre textes et autres productions. Une centaine d'articles qui avec le temps permettent de juger de la pertinence de ce qui a été avancé... et du rôle d'acteurs locaux, de « décideurs ».
      Nous ne retirons rien de ce que nous avons publié, d'autant que la réalité nous a donné raison. Nous l'avons fait à l'opposé des formes supposées contemporaines de communication où le superflu le dispute à la rapidité de l'énoncé.
 
INTERNET ET LA TRANSPARENCE: L' EXEMPLE DE L'ORTÉ
      Nous nous sommes saisis des techniques modernes pour traiter des sujets, aller plus à fond et surtout donner les moyens à chacun de vérifier nos dires. Mieux, parce que l'Internet offre des possibilités d'accés aux documents, à nulles autres pareilles, nous avons mis en ligne textes et rapports.
      Alors que dans des pays aussi divers que les Etats Unis, les pays nordiques, la plupart des documents officiels, des rapports payés par l'argent public sont en ligne, la France peine à passer à la transparence. Et dans les Alpes Maritimes, et dans la commune de Levens, n'en parlons pas: la culture du secret a la vie dure.
      Heureusement s'amorce un mouvement irréversible. Allez voir là par exemple: http://www.regardscitoyens.org
 
      Donc, nous avons publié le rapport de l'hydro-géologue sur le secteur de l'Orte. (financement argent public), voir notre article: " La face obscure de l'Orte, Levens" 
      Lisez le bien, en détail, observez les cartes, et voyez qui défend des « intérêts personnels » en voulant construire là, comme l'affirment en boucle le maire de Levens et récemment Mme Estrosi Sassonne (élue de la Métropôle, responsable du logement). Et qui défend la sécurité des biens et des personnes ?
      Il faut quand même rappeler que ces élus, depuis le début, nient la réalité du problème de l'eau sur ce secteur. Et qu'ils ont été démentis par deux rapports d'experts et un Plan de Prévention des Risques Inondations. Ce dernier indique que le secteur est inondable, une partie en rouge, inconstructible, et l'autre, en bleu foncé, inondable, et constructible avec certaines prescriptions. Et encore, il été victime de pressions et adapté aux projets de constructions: l'eau s'arrête miraculeusement aux parcelles choisies pour un projet d'immeubles et l'étendue des surfaces imperméabilisables a été négociée pour rendre le projet viable.
 
      Nous devrions être félicités d'avoir prévenu d'un danger, on n'ose pas imaginer ce qui peut se produire si on imperméabilise sans limite et rejette les eaux dans les ruisseaux.
      Etre aussi peu à l'écoute du terrain, des associations, des experts, des services de l'Etat, est probablement signe d'une grande compétence dans les Alpes Maritimes ! Mais ce monde là finit, plus lentement ici que dans d'autres régions, mais il finit quand même. Et les arrangements, les discours tous faits se retournent parfois contre leurs auteurs.
      Restons encore dans le domaine de l'eau. On s'est intéressés à ces questions en découvrant des énormités, sur le terrain.
 
LES INONDATIONS DE DRAGUIGNAN: PRÉVISIBLES
      Revenons par exemple sur notre travail suite aux inondations à Draguignan. Cartes et documents à l'appui nous avons montré deux choses qui allaient à l'encontre des discours tous faits:
  1. Qu'on avait déjà vu ça
  2. Qu'on avait construit en zone inondable (voir notre article: " Inondations dans le Var, on n'avait jamais vu ça ")
      Cet article abondamment référencé, y compris sur Wikipédia, a été l'un des plus lu, et personne n'a pu démontrer que nous avions tort.
      Il est vrai que la question des inondations nous a particulièrement occupés avec 11 articles. Elle nous a occupés parce qu'elle constitue une particularité étonnante de ce département. En effet les Alpes Maritimes sont le département de France où l'on construit le plus en zone inondable. Suivi de près par…le Var. (notre article  "Les Alpes-Maritimes et le Var, champions de la construction en zone inondable" )
      Et lorsque la Cour des Comptes enquête sur les responsabilités publiques lors de la tempête Xynthia et les inondations du Var, elle confirme ce que nous avons écrit.
      Son rapport n'a jamais du arriver jusqu'à la préfecture des Alpes Maritimes, tant tout continue comme avant! Il donne pourtant comme consigne à l'Etat d'être plus ferme (face aux élus locaux entre autres). Notre article: Inondations: les enseignements de la COUR DES COMPTES
 
 
LA CUMBA: UN VALLON COMBLÉ, DEVIENT ZONE D'ACTIVITÉ AU PLU
     Lorsque les levensois ont vu que le responsable des déchets de la communauté d'agglomération de Nice Côte d'Azur, sous l'ère Jacques Peyrat, était celui-là même qui faisait combler de déchets de toutes sortes un vallon sur sa commune, leur maire, Antoine Véran, ils se sont questionnés, et ils l'ont questionné, y compris en séances du conseil municipal.
      Ah le comblement de ce fameux vallon de la Cumba ! Il en a ouvert des yeux. Sur les pratiques du coin, sur la difficulté à remuer la justice, sur le fonctionnement d'un système qui n'est pas somme nulle à l'arrivée. Car enfin, dans cette histoire et dans d'autres, il y a l'environnement qui est maltraité, mais il y a de l'argent qui ne part pas dans la nature. Deux de nos articles:
       Donc, l'environnement et l'argent. Dorénavent on regarderait l'un en rapport avec l'autre. C'est ce qu'on a fait lorsqu'on a étudié le Plan Local d'Urbanisme. On savait le rôle des précédents POS. Qu'on enlève ce pouvoir aux maires et vous verrez que la vie démocratique y gagnera. De même qu'en examinant une déclaration de patrimoine en début de mandat et une vérification en fin de mandat, on supprimera suspiçion et tentation.
      Ça n'a pas manqué, le PLU a été un sommet d'arrangements. Telle parcelle naturelle rendue constructible, telle autre déjà construite et rendue naturelle, telle terre arable non classée agricole, tel tas de cailloux, telle colline boisée de pins et de maquis, rendus agricoles et constructibles aussi, en des zones autrefois protégées, on a tout eu.
      Des parcelles qui arrangent, des parcelles qui dérangent. Ah ces fameux « intérêts personnels ». Ah la rengaine des « intérêts personnels » ! Vous savez à quoi elle nous fait penser ? à cette fameuse phrase de gamin « c'est celui qui dit qui est ».
      Mais au delà de cas individuels, c'est le paysage de la commune qui est en question: et là ce sont des zones entières, des dizaines d'hectares, chaque fois, dont la classification est pour le moins étonnante.
     Par exemple ce fameux vallon de la Cumba, devenu une esplanade de gravats, busé pour laisser écouler les eaux (bien busé, mal busé that is the question), et bien ce fameux vallon de la Cumba, au PLU, il devient zone d'activités. Pas mal...C'était une zone naturelle, avant le déversements des dizaines de milliers de m3 de déchets qui l'ont tué.
      Oui on tue des vallons naturels, comme on tue des terres arables sur cette commune. L'environnement pèse peu face à l'argent et à « quelques intérêts personnels ». C'est à cette aune là qu'il faut mesurer les décisions, les PLU ou autres aménagements.
 
UN AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE D'INTÉRÊT GÉNÉRAL
      Le rôle que nous avons tenu sur ces questions n'est pas négligeable. Oui, on doit se poser la question du lieu, pour tout projet. Bâtir la ville sur la ville. Economiser les espaces de valeur. Ne pas mettre n'importe quoi, n'importe ou, respecter les règles environnementales, et d'urbanisme.
      Ce qui n'est pas le cas ici. Ne voulait-on pas, en 2004, construire des immeubles privés sur le parking public du village?
      Depuis, il en va de même de la question agricole. Il y a longtemps que nous militons pour une agriculture de proximité de qualité. La commune produit des olives, des fromages, des agneaux. Mais lorsque des habitants veulent créer une AMAP (de légumes), pas un seul maraîcher n'est en capacité de fournir toute l'année 30 à 50 familles. Les terrains sont partis en constructible.
      Alors pour faire bonne mesure on met en agricole des cailloux, des pins, de la garrigue. Et on va développer un secteur nouveau de l'agriculture...le tourisme équestre... Incidence sur l'emploi: négligeable, sur l'environnement: énorme (permission de constructions de 1000 m2 au sol sur 13 m de haut).
      Nous proposons un autre modèle de l'aménagement du territoire. Un modèle où l'environnement ne soit pas soumis à l'argent et à « quelques intérêts personnels ».
      Produire local ? Oui, à condition de réserver les meilleures terres pour cela.
      Utopique ? Non, cela se fait de plus en plus dans d'autres PLU justement, ou au travers d'autres outils d'aménagement. Mais il faut alors envisager la chose sous l'angle de l'intérêt général.
 
PLUS FORT QU'AREVA CONTRE GREEN PEACE
      Ces positions, les idées que nous mettons dans le débat, nous ont valu de la haine, des accusations mensongères, mais jamais de discussion contradictoire, ni d'arguments de fond.
      - Refus arbitraire d'une salle municipale pour tenir le festival Alimen'terre. Nous n'avons pas cédé, avons été en justice et gagné. Tout seuls comme des grands. 
      - Attaque au tribunal (juin 2012). L'initiative émane du maire, d'une association para municipale « Vert Azur » et de Gilles Lauthussier. Elle est dirigée contre les trois associations qui se battent contre le PLU. Dans un bulletin en mai 2012, elles ont caricaturé une affiche, éditée à l'occasion d'un salon nommé "vert azur", en y rajoutant des immeubles ainsi qu'un slogan « ne m'appelez P L U jamais Vert Pays » (Vert Pays est le slogan de la commune de Levens et du canton dont elle est le chef lieu) . 
       L'affiche caricaturée représentait un Levens bucolique et imaginaire, bien différent de la réalité et encore plus de ce que nous prépare le PLU, qui bétonnera les dernières terres arables, saccagera l'environnement et transformera définitivement la commune en ville dortoir pour les "actifs" du littoral.
       Notre caricature a dû toucher fort juste, puisque le maire de Levens, accompagné de l'association Vert Azur, dont il est membre éminent, nous a assignés au tribunal pour "contrefaçon" en nous réclamant au total pas moins de 60 000 € pour provision de pertes commerciales (sic).
      Contrefaçon, trouble à l'ordre public, voilà les méfaits dont sont accusés ceux qui se placent dans le cadre d'un débat sur le devenir de leur commune.
 
      Le cas de « Vert Azur » est superbe. Cette association est largement financée par de l'argent public (des dizaines de milliers d'euros). Y siégent le maire et quelques un de ses adjoints, ainsi que du personnel municipal.

      Il faut savoir que la caricature est permise par le droit français, au nom entres autres du débat d'idée et de la liberté d'expression, c'est une constante des décisions judiciaires.
      Une histoire semblable d'accusation de « contrefaçon » est, récemment encore, allée au bout de dix ans de procédure, d'appel, en cassation, jusqu'à un jugement définitif. Il s'agissait d'Areva, contre Green Peace et une nouvelle fois, le droit a été confirmé: Green Peace a gagné.
      A noter qu'Areva, qui n'est pas une petite entreprise, demandait à Green Peace, qui n'est pas une petite association, 10 000 euros pour provision de préjudice commercial. Bien loin des prétentions contre le tract distribué sur la petite commune de Levens .
 
      On pourrait penser que dans une période difficile, ceux qui sont en charge de responsabilités, rechercheraient dialogue et apaisement. On est prêt à parier que cela ne sera pas le cas.
       Bâton d'un côté, patte de velours de l'autre. Misant sur l'absence d'information, les opérations de communication, de séduction ont déjà commencé. Elles vont redoubler.
       Et nous aussi on va continuer. Quelques dossiers sont en préparation.
      Tel le petit colibri qui portait une goutte d'eau pour éteindre l'immense incendie, comme le raconte une légende amérindienne, chacun peut faire sa part. Ou détourner les yeux de ce qu'il voit. 

 

 

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oger valerie 25/02/2013 09:33


merci de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas et n'ose en parler de peur de....... mais au fait peur de qui ou de quoi????????