SAUVER LES TERRES, AGIR SUR LE SYSTEME ALIMENTAIRE, rdv le 21 Novembre à Levens

Publié le par les perdigones

 

 

Professionnels de l’agriculture, acteurs du mouvement associatif, collectifs de citoyen-ne-s travaillent ensemble afin de sauver partout les terres fertiles. Cas exemplaire L’Orte, à Levens. Cela donne dans cette commune deux belles initiatives le 21 Novembre. L’une sur le local et l’autre sur le système alimentaire et la faim dans le monde.


D’abord un constat, si l’on veut arrêter le mouvement de disparition des terres vouées à l’agriculture : il faut faire vite et fort.

 

EN PACA 3000 hectares DE TERRES

DISPARAISSENT CHAQUE ANNÉE

 

       Quelques chiffres.

       En Paca, près de 3.000 hectares de terres s'artificialisent chaque année, d'après la Safer (Société d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural), et des milliers d'autres sont abandonnées à la friche par des propriétaires, par négligence ou dans l’attente du meilleur prix pour améliorer leur retraite.

       « Les seules Alpes-Maritimes ne comptent plus que 600 exploitations professionnelles, contre 10.000 en 1971 », déplore Henri Derepas, agriculteur bio, Co-porte-parole de la Confédération Paysanne 06.

       Selon le Conseil régional PACA, la moitié de la surface agricole des Alpes-Maritimes a disparu entre 1979 et 1988 pour se réduire aujourd'hui à peau de chagrin (à peine 3 % du territoire).

       Les candidats à l’installation ne manquent pourtant pas : plus de 200 ont été reçus au Point Info Installation à Nice en 2009. Et l’attente de consommateurs pour des produits issus d’une agriculture de proximité est forte et largement insatisfaite, les listes d’attente dans les AMAP (Associations Pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) niçoises enflent, faute de producteurs.

 

UNE PETITION, DES PROPOSITIONS AGRICOLES

 

       Face à ce phénomène et pour inverser la tendance, des associations de citoyen-ne-s, des syndicats agricoles, des organismes professionnels se regroupent. Ainsi est né le Collectif de Défense des Terres Fertiles des Alpes-Maritimes. (voir article)

       À cet effet les associations qui composent le collectif ont élaboré un document de propositions agricoles concernant les terres de l'Orte à levens.  Ce document va être remis aux autorités et à la presse. Il sera prochainement consultable sur notre site.

       À de nombreuses reprises, la population a manifesté son soutien aux arguments de bons sens développés pour faire de l’Agriculture à L’Orte, et 35 logements en place des deux anciennes gendarmeries et de leurs appartements laissés à l’abandon. Elle peut désormais le signifier aux autorités en signant une pétition.

       Cette pétition est téléchargeable en version papier ou à signer directement sur internet ICI.

       Sa version internet est en ligne à compter d'aujourd'hui.

       Sa version papier a démarré lors de l’ouverture du festival Aliment’erre à Nice le 7 novembre, place du palais de justice, où un accueil chaleureux a été réservé à l’association « Les Perdigones »

        C’est d'ailleurs le sens profond de la démarche de l’association : informer constamment la population, échanger. Et celle ci suit et soutien de plus en plus un sujet qui concerne sa qualité de vie.

        C'est dans cette période de très grande difficultés pour le monde agricole (avec la dispartion du foncier),  et de très grandes possibilités pour une agriculture locale (avec une demande en produit bio locaux loin d'être satisfaite) que se sont tenues les assises départementales de l'Agriculture et de la Forêt.

 

 

LES ASSISES DEPARTEMENTALES DE L’AGRICULTURE

 

       Les assises départementales de l’Agriculture et de la forêt se sont tenues le 15 octobre dernier à Nice.

       Sujet sensible, s’il en est, car comme le dit le document de présentation « L’agriculture et la forêt des Alpes Maritimes sont à un tournant »

       Il est à remarquer que tous les acteurs concernés étaient présents à savoir État, agriculteurs, forestiers, société civile , collectivités territoriales et qu’ils ont co-signé une charte de 28 engagements.

« Il est urgent pour le département de proposer et de mettre en place une stratégie de développement durable de l’agriculture et de la forêt, concertée  avec l’ensemble des acteurs concernés ». dit le document.

Que d’éléments pourrions nous faire nôtres dans l’analyse de la situation !

  • Ainsi « L’agriculture et la forêt participent à  l’entretien des paysages et à la prévention des risques naturels, »
  • Ainsi « Elle contribue favorablement au maintien de la biodiversité »
  • Ainsi  « il est indispensable que la question de foncier soit remise au cœur des réflexions » (et des décisions ajouterions-nous)
  • Ainsi «  L’agriculture locale peut jouer un rôle plus important qu’actuellement ».

 

Quelques chiffres :

  • 90% de la viande ovine consommée dans le département est importée,
  • 95 % des carottes du département sont importés »
  • et la production de salades correspond à environ 40 % de la consommation.

Bien sûr que les 28 engagements signés par tout le monde sont importants.

  • Certains disent exactement ce que nous écrivons depuis des mois, par exemple l’engagement 11 (pages 30 et 31): « promouvoir les produits agricoles du département »
  • Nous retenons particulièrement aussi l’engagement  26 (page 44): « Valoriser et promouvoir les productions biologiques locales » .

Absolument d’accord. Faisons le tout de suite ici à l’Orte. Ce sera un signe fort.

Favoriser les circuits courts de l'alimentation n'est pas une lubie . Ainsi la première convention entre l'État, une collectivité locale et une chambre d'agriculture a été signée dans le Rhône dernièrement. (voir communiqué newspress)

 

L’ORTE UNE SITUATION PARADOXALE A PLUS D’UN TITRE.

Orte-plante-mars1974-003.jpgl'Orte au printemps 1974 - des terrasses plantées de légumes -

 

Il suffit de rappeler quelques éléments  .

1)      Ces terres (6500m2) ont été préemptées par la commune de Levens pour l’EPFR PACA,  à fin de constructions d’immeubles alors que l’association « Les Perdigones » alerte depuis longtemps sur l’eau qui s’y trouve en forte quantité lors de fortes pluies.

De l'eau qui arrive de partout et sort en de nombreuses résurgences.


2)    Le permis de construire déposé en décembre 2009 a été classé « sans suite » par les services de l’État. Et le PPRI (Plan de Prévention des Risques Inondation) de  Levens n’a toujours pas été approuvé. Des études sur l’eau ont été demandées et le constructeur a nommé un hydro-géologue.

S’entêter à vouloir constuire là sera très coûteux. Cultiver les terres serait moins cher et bénéfiques du point de vue de la lutte contre les risques inondations.

Cette observation des "Perdigones" est confortée par le texte  issu des Assises Départementales de l’Agriculture, ainsi « L’aménagement des espaces agricoles et forestiers (reboisement, restauration des restanques) permet d’éviter, pour les agglomérations urbaines, une aggravation du risque lié aux inondations ».

 

3)    Alors que la raison invoquée pour justifier ces immeubles (35 logements) est le manque de logements sociaux, deux anciennes gendarmeries et leurs appartements sont à l’abandon! L’une depuis plus de 30 ans, l’autre depuis 3 ans. Elles sont situées sur des terrains qui appartiennent à la commune et au département. En respectant le POS actuel, en les rénovant et en agrandissant l’une, on arrive à la même surface habitable que celle des immeubles prévus à l’Orte. Il est possible d’y réaliser les 35 logements sans grands frais et bien plus près du centre de la commune. Ne pas faire 35 logements là, signifierait que la question du logement n’ est pas vraiment prise au sérieux, mais seulement utilisée comme argument quand ça arrange.

 

4)    Sauver les terres fertiles est primordial car l’obstacle numéro un à l’installation d’agriculteurs est la raréfaction du foncier.

En 2009, dans le département 60 jeunes prétendant à l’installation agricole ne peuvent le faire à cause de l’absence de foncier.

 

5)    La demande en produits locaux bio, de qualité grandit, mais les espaces pour les produire disparaissent et les engagements du grenelle 2 auront bien des difficultés à être tenus, l'offre est bien loin de pouvoir satisfaire la demande .

 

  • Et parce que les habitants l'ont demandé, l'association a lancé une liste d'inscription pour créer une AMAP à Levens. De même une autre liste est en cours, une liste de gens désirant partager des petits jardins de 50 à 80 m2.

 

Rendre ces terres de l'Orte à l’agriculture, c’est favoriser des produits de qualité, de proximité (bio), des produits frais, des produits locaux, des produits sans pollution de transport. Cela n’est pas possible si l’on ne cultive pas ici, si l’on ne cultive pas les terres qui sont à proximité.

Rappel de l’engagement 26 (page 44) des Assises Départementales de l’Agriculture « Valoriser et promouvoir les productions biologiques locales ».

 

6)    Ce qui fait les paysages des Alpes Maritimes est structuré par l’agriculture traditionnelle. Si nous laissons le béton envahir la nature, c’est la fin de ces paysages que nous aimons et qui font notre beau « païs »

 

7)    L’agriculture d’ici contribue favorablement au « maintien de la biodiversité des Alpes Maritimes, un haut lieu à l’échelle mondiale » (document des assises départementales de l’agriculture)

 

 

DES TRES NOMBREUX ACTEURS DANS CETTE DÉMARCHE

 

       C’est sans doute un fait important, dans notre département comme partout en France, de très nombreux acteurs du monde associatif, du monde agricole, de l’économie solidaire se sont regroupés et travaillent ensemble pour sauver les terres fertiles. 


Ainsi logo terres fertiles 06le « Collectif de Féfense des Terres Fertiles 06 » est né pour donner une suite à la journée « paniers vides » du 6 juin 2010 à Nice pour la défense d’une agriculture paysanne.  Il a pour objet de stopper le processus d'artificialisation des terres agricoles, particulièrement intense dans le département.  Il regroupe associations, professionnels, collectifs locaux et citoyen-nes qui se sentent concernés par l'avenir de leur agriculture et souhaitent agir pour la maintenir et la développer. 

 

alimenterreIls participent à la campagne ALIMEN'TERRRE qui se déroule dans le département durant tout le mois de novembre. (voir le programme)(voir les acteurs)

A Levens, elle se déroulera l'après-midi du dimanche 21 novembre, salle Fuon Pench (voir le programme détaillé).

 

enjeu

 La campagne nationale ALIMEN'TERRE vise à informer chaque année l'opinion publique sur les causes économiques de la faim dans le monde et à promouvoir le respect du droit à l’alimentation et à la souveraineté alimentaire en soutenant l’agriculture familiale au Nord comme au Sud.Cette campagne existe depuis 10 ans, elle est soutenue par le ministère des affaires étrangères et européennes et l’Agence Française de Développement (AFD). (voir le site Solidarités Internationales et celui du CFSI.)

 


 

 

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Commenter cet article

Sanguinetti-Reina 18/11/2010 11:42



merci pour reveiller ces consommateurs et leur faire toucher du doigt le réel pouvoir qu'ils ont entre les mains! ou que nous allions, que ce soit dans un commerce, un resto ect.., sachons
systématiquement regarder les étiquettes, et choisir en fonction du lieu de production. n'hésitons pas à poser des question au vendeur, au retaurateur: d'ou vient votre viande? ce fromage? ce
vêtement, cette machine à laver,  c'est par ce genre de questions, tous les jours, que l'on va planter notre petite graine de cosom'acteur!