Quand les villes construisent leurs immeubles ailleurs

Publié le par les perdigones

     Cela s’appelle « la périurbanisation métropolitaine vers le moyen pays ». Un déplacement des populations des villes centres (Nice) vers l’extérieur (Levens)

 

     C’est une loi du marché. Les riches choisissent de se loger dans les centres villes, en bord des côtes ou dans les stations balnéaires. Ils se retrouvent, se regroupent et profitent prioritairement de ce qui est le mieux.

     La côte d’Azur en est la parfaite illustration.

 

LES RESIDENCES SECONDAIRES AUGMENTENT

DANS LES VILLES DE LA CÔTE

 

       Sur la Côte d’Azur, la part des résidences secondaires dans le parc de logement grandit. Les principaux acquéreurs  sont des étrangers ou des gens n’habitant pas la région.

       C’est ce que confirme et quantifie une étude fort intéressante « l’évolution de l’habitat dans les Alpes Maritimes et dans l’Est du Var.» lien

« la part des résidences secondaires dans le parc de logements niçois passe de 9,2% en 1997 à 10,9% en 2005, mais elle reste bien en dessous des valeurs enregistrées à Cannes (33,4%), Menton (31,6%) ou même Antibes (29,0%). »

         Et ce phénomène nous conduit vers quoi?

       « Si la tendance actuelle à l’augmentation de la part des résidences secondaires se poursuit et s’accélère (par exemple, par une dilation de l’espace de la résidence secondaire à l’intérieur de la ville grâce à l’accessibilité et aux nouvelles centralités produites par le tramway) l’expulsion de résidences principales de la ville de Nice pourrait concerner plusieurs milliers de ménages. Il en résulterait une nouvelle poussée à la périurbanisation métropolitaine vers le moyen pays. » (p 39)

Mais que faire contre la loi du marché, dans un univers qui la sacralise ?

Des lois d’intérêt général corrigeant les effets néfastes du marché ! C’est le cas de la loi SRU. Et bien aujourd’hui il y a moyen de s’arranger avec cette loi ! De la détourner quand ça arrange, de l’invoquer quand ça arrange encore.

 

20% DE LOGEMENTS SOCIAUX... PEUT ETRE EN 2022

 

          Il faut écouter attentivement l’interview de Christine Boutin pour comprendre comment fonctionne l’argument des logements sociaux. Les délais pour atteindre les 20% sont l'année 2022 pour les communes éligibles depuis le début. Pour les autres comme Levens, elles ne commenceront à devoir rendre des comptes qu’à partir 2012. Et puis comme l’explique Christine Boutin il y a la courbe idéale et puis la courbe d’intention. lien


          L’habitat de Levens est essentiellement composée de villas pavillonnaires. La part de résidences principales a régulièrement augmenté pour se situer à 79%  en 2006 (chiffres Insee). Levens bénéficiait de plusieurs atouts: des terrains que les locaux revendaient en constructible selon toute liberté, une demande importante. Cette situation se termine aujourd’hui. Les terrains ne sont plus au libre usage de leur propriétaire. Nous l’avons écrit il y a quelques temps, la préemption est une arme terrible. Aujourd’hui elle frappe. Nous en apportons la preuve.

           Mr et Mme G. disposent d’un terrain de 1000 m 2 qu’ils veulent vendre. Ils trouvent acquéreur au prix du marché soit 240 euros le m 2.  Mais au moment de conclure, on leur signale qu’il y a préemption et qu’ils ne peuvent opérer cette vente. Ils apprennent que des projets de petits immeubles avec jardin sont prévus dans leur quartier et on leur propose un prix trois fois inférieur, soit 80 euros le m 2. La commune: c’est Levens, le quartier: celui de la Madone, en face des Grands Prés, ceux qui préemptent sont la Communauté Urbaine et la Commune.

          Les plans de l’immense zone soumise à projet d'aménagement et ainsi préemptée à coup sûr, sont consultables en mairie de Levens.


          Cet exemple illustre ce qui va se passer. Levens fait partie des communes qui vont absorber un habitat qui quittera Nice et la Côte.

         Il n’est pas vrai que c’est pour loger les enfants du pays qu’il faut construire. Les chiffres de L’INSEE sont formels, l’accroissement de population est dû au solde migratoire. Et l’obligation des 20% de logements sociaux n’est pas centrale. Ce qui est fondamental, c’est le mouvement de population qui va s’opérer parce que les villes centres ne vont pas faire ce qu’il faut pour accueillir et garder les populations qui se trouvent en certains quartiers et les populations d’un certain revenu.

         « Ce n’est pas parce qu’il manque des terrains en ville ; c’est juste que les communes du littoral ne veulent pas priver l’immobilier de rentabilité alors qu’elles pourraient geler des terrains » dit Jacques Victor conseiller général PCF dans le journal "Le Patriote" de cette semaine.


          La communauté urbaine a donné tout pouvoir à la ville centre de mettre à l’extérieur ce qu’elle ne veut pas chez elle, la future métropole n’en parlons pas.

          Et elle le fait sans égard pour les populations locales. Sans trop d’études sur les lieux aussi. Il faut aller vite, très vite. Alors qu’il y ait des problèmes d’ eau à ne pas prendre à la légère comme le clament ceux qui vivent à proximité…Qu'importe ! Il faut construire vite et en de nombreux lieux.


         C’est pour cette raison que dimanche 18 Octobre des associations appellent à manifester et signifier que les  habitants de Levens et de la communauté urbaine veulent conserver leur "Vert Pays". 

         Lorsqu’ils ont rencontré les habitants au porte à porte les militants associatifs ont constaté que la population est largement contre les projets immobiliers de la communauté urbaine et de la commune.

 


LOGEMENT SOCIAL, CHANGER LA DONNE


         Les difficultés financière d’une partie des populations ne vont qu’accentuer le mal qu’elles ont à se loger.

         Elles ne pourront accéder aux immeubles à venir sur Levens. Enfin pas ceux qu’il est prévu dans les premiers programmes.

         Des chercheurs en sont même arrivé à la conclusion que ce n’est pas les constructions (400 000 Logements/an dont 40 000 dits sociaux) qui régleront le problème. « Une politique intensive de constructions de logements sociaux, même si elle s’avère nécessaire, apparaît décalée par rapport aux enjeux quantitatifs du mal logement. » lien


          Leur étude reproche un fonctionnement selon un schéma d’après guerre dépassé.

« Le contexte actuel impose qu’après avoir été quantitative puis territoriale, la politique nationale du logement s’inscrive dorénavant et résolument dans une logique d’économie sociale (sociale ? ). Nous préconisons la création d’un contrat de confiance renouvelé offrant des garanties conjointes aux locataires et aux propriétaires, bailleurs sociaux ou privés. Un tel contrat a pour objectif premier de considérer l’accès au logement des plus fragiles sur le même plan que l’ensemble de la population, sans les rendre nécessairement dépendants de mécanismes de constructions de logements qui leur seraient spécifiquement destinés »

         Ils proposent un système de « service public » social du logement social, avec un loyer payé à l’état:

« Le moyen le plus efficace pour mettre en place un tel contrat de confiance serait, nous semble-t-il, que la totalité du loyer d’un ménage aidé, quel que soit le logement occupé et sa localisation, soit prise en charge par l’Etat, le locataire étant redevable de sa quote-part (loyer déduit des aides) au Trésor Public. Le locataire aurait ainsi un toit garanti et le propriétaire un loyer assuré. »

       On n’en n’est pas là…lien

 

 

Publié dans Logement

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jackihoflo 17/10/2009 08:16




Bonsoir, j'ai trouvé dans ma boite aux lettres ,votre tract  invitant les levençois à participer à la manifestation du 18 octobre contre les projets de logements sociaux à Levens.
J'etais tout à fait en accord avec votre démarche car les projets du maire me paraissent totalement inadaptés et dangereux.
Par contre,une phrase m'a fait bondir concernant les logement sociaux comparés à des guettos.....drôle de comparaison à mon avis!!
Voulez-vous vraiment sauvegarder une qualité de vie à Levens ? ou voulez-vous simplement en rester les seuls benéficiaires ??????????
Trouvez-vous honnête que certains propriétaires (levençois de souche ),louent à des prix exorbitants de véritable taudis !?
Nous habitons Levens depuis 17 ans,et je me souviens du regard des autochtones sur les" envahisseurs"et leur carrés de gazon...
 Je me sens en accord avec votre démarche visant à la protection de l'environement,mais je me refuse à  rejeter une population qui,comme tous à le droit de profiter de ce cadre
superbe.aucune cause ne justifie à mes yeux le repli sur soi et le rejet de l'autre


les perdigones 17/10/2009 09:42


Nous sommes tout à fait d'accord avec vous mais attention à l'amalgame, ce ne sont pas les logements sociaux que les associations appelant à manifester comparent à des ghettos, mais c'est le choix
de les mettre à part - à l'écart - dans des quartiers dédiés uniquement à celà qui les amène à utiliser ce terme (personnelemnt nous convenons qu'il est un peu fort). Nous pensons que les logements
sociaux doivent être traités comme les autres, et non pas dans des zones particulières. Nos différents article traitent clairement de cette problématique. Quant aux immeubles, logements sociaux ou
pas - ils n'ont pas leur place dans des zones inondables et dédiées à l'agriculture, encore moins à 3 km du village et de toutes les commodités, comme à l'Orte.